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Articulu di u numaru 22, farraghju di u 2007


De Sarkozy à l’unité stratégique

L’imparable choix du mouvement national



« Un tel changement ne pourrait venir que de la volonté des Corses eux-mêmes. »
Nicolas Sarkozy

Cette phrase émane bel et bien de Nicolas Sarkozy. Elle vient en réponse à la question suivante, lors d’un entretien de Jean Marc Raffaëlli dans Corse-Matin en date du 5 janvier 2007, la veille de sa venue sur l’île :

« Compte tenu de vos convictions sur la suppression des départements, la Corse peut-elle encore évoluer sur le plan institutionnel ? ».

Pour autant, malgré cette précision au détour d’un interview - pas si anodine - le ministre français de l’intérieur vient réaffirmer le choix de son gouvernement : l’utilisation de la répression policière et judiciaire. Un choix politique, philosophique et stratégique que réitèrera plus tard la même personne, lors de son discours d’investiture pour les futures présidentielles françaises…


Le choix d’une république…

« J’ordonne, il exécute » affirmait il y a peu le président français Jacques Chirac. Ce rappel à l’ordre médiatique – c’en était bien un – des rapports insidieusement antagonistes d’un chef d’Etat et de son premier ministre, s’applique pour autant sans anicroche concernant la Corse. Si il est bien un sujet ou les deux hommes certes rivaux, s’entendent comme larrons en foire, c’est bel et bien sur le sujet insulaire.

Pétris tous deux de convictions nationales républicaines, ils ne conçoivent l’aspiration identitaire que comme une dérive « communautariste », incompatible avec ces prétendues valeurs constitutionnelles d’indivisibilité…

Lors de sa prestation devant un parterre acquis à sa cause ce dimanche 14 janvier, et qui officialise sa candidature pour les futures présidentielles. Nicolas Sarkozy qui prétend « avoir changé », n’hésite pas à donner sa vision de « sa » république à travers un exemple habilement choisi et orienté édicté en ces termes : « La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui met en prison l’assassin présumé de Claude Erignac et qui traite les cagoulés et les poseurs de bombes pour ce qu’ils sont : des meurtriers et des lâches. »…


L’impasse

La gauche française, dénonce de son coté la dangerosité des propositions du candidat en question. François Hollande, premier secrétaire du Parti Socialiste y voit le retour d’une « droite violente ». Il ne se trompe forcément pas. Surtout pour la Corse. Car derrière le fort et habile discours d’intronisation ou Camus et Zola se mêlent comme référents à De Gaulle et Pompidou, c’est bel et bien une conception ultra-libérale que préconise le candidat U.M.P., agrémentée d’une vision tout aussi sécuritaire de la société. Sous ce schéma, la Corse et son identité son menacées. Il suffit de reprendre pour cela les termes alors prononcés lors de ce congrès aux portes de Versailles :

« Comment penser que l’on pourra un jour faire aimer ce que l’on aura appris à détester ? Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus. Je refuse le communautarisme qui réduit l’homme à sa seule identité visible. Je combats la loi des tribus parce que c’est la loi de la force brutale et systématique »…

Pour autant, majoritairement, la gauche française diffère bien peu – en l’état actuel des discours – de cette approche « républicaine » de droite ou l’identité bafouée d’un peuple est ravalée derrière ce fumeux concept de communautarisme.

Hormis la seule Ligue Communiste Révolutionnaire, à l’instar des verts, qui s’est il y a peu clairement positionnée pour le rapprochement des prisonniers politiques et l’exercice à terme du droit à l’autodétermination pour le peuple corse, l’ensemble des organisations françaises de gauche adoptent le même profil bas sur la Corse. Ségolène Royal, l’importante candidate du Parti Socialiste peut certes se prévaloir d’un soutien de « régions et peuples solidaires », défendant pour la circonstance une timide régionalisation, elle a fait sien l’argument prioritaire asséné par le maire de Bastia qui lui a conditionné son concours aux prochaines présidentielles selon son approche nationale républicaine française de l’île…

La Corse est, on le voit, dans une impasse « mortifère » pour reprendre le terme récemment usité dans un communiqué par le Parti Communiste Français…


Resistenza

Ils étaient des milliers ce samedi 13 janvier a descendre dans la rue, des milliers de corses autonomistes, nationalistes et indépendantistes, progressistes et syndicalistes à se retrouver derrière ce mot d’ordre pour démentir au lendemain du martyr de Anghjulu Maria Tiberi, les propos provocateurs du ministre français de l’intérieur et qui désignaient le mouvement national comme « affaibli ».

Sur un seul mot d’ordre, des milliers de personnes sont venus rappeler que malgré les messages unilatéraux d’apaisement, les gestes significatifs adoptés pour la circonstance, la politique de la « main tendue », les débats sur la paix, l’heure était plus que jamais à la résistance.

La manifestation n’a certes pas modifié le ton du discours de Nicolas Sarkozy. Pour autant elle permet par sa réussite populaire de contredire les analystes détracteurs du système en place qui ne cessent de prédire depuis des lustres la disparition du mouvement national corse.


Le redéploiement unitaire

Mais plus que ça, affecté mais renforcé par le récent sacrifice d’un militant de la lutte de libération nationale, le mouvement national dans sa diversité, a su susciter les initiatives et positions renouant avec l’adage historique « Forti saremu si uniti semu ».

Une lucide et objective analyse de la situation ne peut laisser place à de quelconques discordes circonstancielles, fussent-elles dans le cadre d’échéance électorale du système en place. L’enjeu est limpidement identifié : il s’agit de s’opposer au Parti Français, parti de l’anti-Corse, afin que ni au sein de la collectivité territoriale pour situer cet enjeu, ni au sein des municipalités bastiaises et porto-vecchiaises, il cesse de s’arroger une représentativité qu’un réel corps électoral corse aurait déjà démenti.

L’enjeu c’est aussi et surtout de s’organiser stratégiquement selon une projection précise des espaces présents et futurs à occuper. Unione Naziunale n’a certes pas disparu – elle bénéficie avant tout d’un soutien incontestablement populaire – mais la dynamique d’union peut être enrichie, transcendée par l’apport d’autres composantes selon une direction stratégique. Le redéploiement unitaire pourrait traduire une toute autre efficacité.


Baliser les chemins de l’espoir

L’unité stratégique est, par sa structure interne et par sa philosophie politique partagée, à même d’occuper tous les espaces de lutte, mais aussi d’en susciter, voire d’en créer à moyen et long terme.

La contradiction antagoniste – quelle qu’en soit la nature – avec les intérêts français fait que inexorablement, sur la scène européenne et audelà du carcan constitutionnel et centralisateur français, se posera la question du fait National Corse. Cela passera inévitablement par la reconnaissance autant historique qu’universelle des droits du peuple corse, dont celui de choisir librement son destin.

Les sacrifices nourrissent tous nos combats, mais surtout accompagnent ce formidable sentiment d’appartenance, d’ouverture et d’émancipation qui fait que l’espoir demeure entier quant à notre infatigable soif de liberté.

Ulivieru Sauli

 

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