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Articulu di u numaru 26, ghjugnu di u 2007


Le nouveau président





Depuis le 06 mai, les Français ont élu leur nouveau président de la république en la personne de Nicolas Sarkozy. Celui-ci a obtenu plus de 53% des suffrages en ayant habilement subjuguer l’électorat sur la base d’un programme très populiste voire démagogue.

Après une petite escapade dorée, au frais de Vincent Bolloré, l’un de ses amis de la haute finance, sur l’île de Malte, symbole de réussite de l’idée d’indépendance pour une petite île de Méditerranée occidentale, Nicolas Sarkozy aura, normalement, au cours de son quinquennat, la lourde tâche de trouver une solution politique à un problème politique : la question nationale corse.

Toutefois la réalité est tout autre. Depuis l’échec de juillet 2003, la Corse s’enfonce dans une crise politique sans précédent, doublée d’une forte répression et d’une volonté de normaliser définitivement l’île. Une situation qui n’est pas prête de changer si l’on tient compte des déclarations du candidat Sarkozy, lors d’un meeting d’entre deux tours à Porti Vechju, qui en disent long sur le sombre avenir qu’il nous propose. En effet, après quelques bavardages sur l’héritage chrétien de la Corse, histoire simplement de récupérer des voix du côté du FN et autres nostalgiques de la CFR, et non de faire état d’un fait culturel ou social incontournable, Nicolas Sarkozy a notamment affirmé que « la solution des problèmes de la Corse réside à la fois dans l ‘éradication de la violence et le développement économique ». Une vision très années 70, très Giscardienne des choses. En résumé : un retour en arrière de 30 ans et une non prise en compte de la réalité politique incontournable du problème corse.

Nous lui rappelons simplement que le développement qu’il nous propose, axé notamment sur une politique ultra libérale, est en contradiction totale avec la vision d’un développement économique maîtrisé et identitaire que nous souhaitons. La Corse n’a nullement l’intention de devenir le bronze-cul de l’Europe, d’être transformée en réserve d’indiens ou d’être vendue par appartement à ses amis industriels.

Les Corses ne sont pas, et ne seront jamais des étrangers sur leur terre. Par ailleurs, nous lui disons que la répression n’a jamais été un élément d’apaisement, une solution à un problème politique, et que la « violence » du peuple corse est la réponse, au combien disproportionnée, à la violence d’Etat qui affecte l’île depuis 1769, en matière politique, économique, sociale et culturelle. Nous récusons le fait qu’il veuille également s’en prendre « à une minorité syndicale qui prend en otage l’économie corse dans des conditions qui sont scandaleuses » car, manifestement, il cherche à faire pression sur la justice, à quelques mois d’un procès qui verra des militants, des syndicalistes, jugés pour avoir défendu les intérêts collectifs de la Corse contre la vente d’un outil économique, pour une bouchée de pain, à des amis franco-américano-asiatiques du Pouvoir…

Par conséquent, comme il le dit lui-même « la Corse est vitime de la violence, elle n’est pas coupable de la violence ».

La stratégie de Sarkozy est de dénaturer l’aspect politique incontournable de la lutte nationale en cherchant à criminaliser le Mouvement. Après avoir de nouveau sali certains militants et prisonniers politiques, comme Charles Pieri, il nous annonce sans rire, et sur un ton grave, que « des bandes armées rackettent, terrorisent ont pignon sur rue en Corse » et qu’il poursuivra « une action sans faiblesse en matière d’autorité de l’Etat sur les mafieux – les mafieux politiques et les mafieux économiques ». Là aussi, nous pouvons lui dire qu’il n’y a pas de voyous dans les rangs nationalistes, qu’il y a des militants politiques qui paient le prix fort de la liberté ou de la vie et que les mafieux – les vrais – sont ceux qui sont protégés, décorés ou promus par l’Etat français pour service rendu. Car depuis 30 ans, certains ont animé FRANCIA, sous un gouvernement de Droite, et d’autres ont été utilisés, par la Gauche, pour attaquer des nationalistes.

De plus, aujourd’hui encore, beaucoup se retrouvent aux côtés d’élus du clan et n’hésitent pas à faire « campagne » lors d’élections cantonales, municipales, législatives ou consulaires. Quant aux listings des adhérents des fédérations UMP de Haute-Corse et Corse du Sud n’en parlons même pas…

Par ailleurs, pour Sarkozy, « ceux qui posent des bombes la nuit (…) sont des lâches (…) n’aiment pas la Corse (…) ceux qui font cela ont un comportement raciste qui est exactement le contraire de la tradition et de la culture corse ». Là aussi, il doit certainement faire référence aux derniers attentats barbouzards contre les familles Simeoni et Travaglini, à l’action du préfet Bonnet et du GPS ou au rôle éminent joué par certains services occultes dans l’attentat du 01 juillet 1996 à Bastia…

Pour la question du racisme, c’est au choix : soit il fait état de la campagne de diffamation, d’intoxication, d’ostracisme, orchestrée par la Préfecture et quelques organes de presse à la solde du Pouvoir, soit il a voulu évoquer la politique ethniciste de l’Etat français en Corse, qui vise à une normalisation de la situation par un changement de population et de culture. Enfin, il ne souhaite pas « laisser la défense de la langue corse à une minorité d’autonomistes (…) car si au village on parle le corse, ce n’est pas une trahison à la République française, c’est simplement une volonté de vivre ses racines et son identité ». Malheureusement ce n’est pas sa première union matrimoniale avec une « indigène » qui lui aura permis de comprendre la Corse. Il se veut le champion de la défense d’une langue, qu’il considère donc à juste titre en danger, alors même qu’il s’oppose à la ratification sur l’officialisation des langues régionales et minoritaires et que son action politique, raciste et réactionnaire, vise à sa disparition. Son discours est par conséquent de circonstance et vide de sens.

La Corse n’a pas besoin de discours à la Peron, ou de campagnes outrancières de pacification. Elle a en revanche besoin de retrouver les voix du dialogue et de l’apaisement. Le problème corse est politique et le sens politique, le courage, commande de trouver une solution négociée comme cela c’est notamment fait dans d’autres régions d’Europe, à l’image de l’Irlande. La Corse désire la paix, la vraie, qui n’est ni celle des prisons et des cimetières, et veut, comme la Sardaigne, à 12 kms de nos côtes, et sans parler de nouveau de Malte, faire valoir ses droits afin de vivre sa réalité insulaire et européenne sans passer en permanence par la tutelle de Paris. Si les nationalistes souhaitent rester ouverts à toutes démarches, et cela est normal, ils n’en devront pas moins rester vigilants face à cet Etat UMP qui peut s’avérer dangereux.

Battì Lucciardi

 

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