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Articulu di u numaru 35/36, Agostu/Settembre di u 2008


Touche pas à mon pote
La people république



De la Syrie où il était en déplacement, le président de la république française a continué d’évoquer ce qu’il est convenu de citer comme «l’affaire Clavier». Entre temps le coordinateur des forces de police en Corse, monsieur Dominique Rossi a été muté, et la communication élyséenne s’est embourbée dans des accusations publiques aussi scabreuses que ridicules pour s’ingénier à détourner de sa vocation initiale le rassemblement organisé à Portivechju par la Refondation Nationale pour dénoncer la dangerosité du PADDUC. Même Camille de Rocca Serra s’y est enlisé…


UN RASSEMBLEMENT POUR UNE EXIGENCE


Le rassemblement initié devant la mairie de Portivechju n’avait qu’un seul motif : la dénonciation du PADDUC et son retrait.

Les deux cent personnes présentes ce samedi 30 août décidèrent de poursuivre leur action par une visualisation sur site de ce qu’ils récusent en matière de projection de développement : l’économie résidentielle. La co-propriété de Punta d’Oru, Cala Purcina de son véritable et prédestiné nom se prêtait pour l’occasion : La colline rasée par les frères Fraise, les villas de voisinage et de copinage de De Rocca Serra et Clavier en étant des supports de communication bien précis. Cette visualisation n’a donné lieu à aucune violation de domicile, aucune voie de fait, aucune dégradation, aucune menace physique ou verbale, aucune séquestration de personne.

Les journalistes présents pour l’occasion l’attestèrent. Leur présence leur valut une audition auprès de la gendarmerie nationale française…


LE COQ EST MORT !

La réaction ne s’est point fait attendre.

La présence des nationaux sur de la pelouse verdoyante devient un crime de lèse majesté ! Très vite un contre feu est allumé pour tenter d’endiguer la sympathie populaire qui se dégage autour de l’action. On parle de cave pillée, de draps de lit souillés, de coq au cou tranché jeté dans une piscine et de personnel séquestré… Les nationaux deviennent l’instant de quelques heures une cruelle et sanglante secte vaudou aux instincts les plus vils…


DE ROCCA SERRA S’EPOUMONE…

Dans ce bacchanal de réactions des tenants du pouvoir français et de sa périphérie, celles de Camille de Rocca Serra mettent en lumière l’agressivité de ses procédés dilatoires.

On ne savait plus très bien si on avait affaire au promoteur immobilier, au président de la collectivité territoriale, au voisin de M. Clavier, à l’ami de M. Clavier ou au porte parole de ce dernier lorsqu’il prétend entre autre, clarifier que personne n’a offert à boire aux nationaux présents ce samedi 30 août...

Quelle terrible mise au point !!!


…ET LA REPUBLIQUE FRANCAISE S’EXPECTORE !

Les citoyens français peuvent vérifier avec cet exemple à l’appui ce que l’on nomme comme la «République des copains et des coquins». Le sens de l’Etat, la notion éthique de l’Etat sont sacrifiés sur l’autel de la «people relation» et les services de l’Etat comme la police et la justice ravalés au rôle d’appareils supplétifs de tous ces opulents dispendieux qui blaireautent dans les sphères présidentielles…

Il est toutefois un homme politique François Bayrou qui a su courageusement situer le problème et le révéler comme tel : Le fait du prince…


ET LA CORSE ?

Au-delà des gesticulations des potes à Clavier, cette lamentable affaire illustre parfaitement le traitement démesuré dont peuvent bénéficier les amis du cénacle présidentiel mais qui ne saurait occulter un tout autre problème tout aussi grave : l’avenir de la Corse et de son développement économique. En effet, les jérémiades vengeresses de Camille de Rocca Serra dissimulent très mal ses craintes sur l’aboutissement d’un PADDUC édifié de façon honteuse, faisant le lit de la dépossession foncière, de la spéculation immobilière, de la colonisation de peuplement, et d’une économie axée sur le tout résidentiel… Le PADDUC est tout aussi accommodant pour certains maires et autres particuliers acteurs de cette conception hypertrophiée de l’aménagement privatisé du territoire insulaire. Il n’est donc pas un hasard si des nationaux se sont dirigés ce 30 août vers Punta d’Oru… Une mobilisation s’annonce. Elle demande la participation de toutes et de tous pour une seule exigence : le retrait du PADDUC ! Au-delà des forfaitures et autres tripotages de ces politicards tenus en liesse par la finance nauséabonde, une convergence populaire doit s’édifier pour mettre un coup d’arrêt à cette mort programmée de notre identité historique.

Elle est salutaire pour sauver la Corse des marécages fétides de la spoliation. La Refondation Nationale a incontestablement un rôle moteur à jouer. Et toute une stratégie populaire à déployer.

Ulivieru SAULI

 

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