L’impérialisme américain ne
s’est pas seulement et uniquement
construit sur des
invasions et des expansions
extérieures aux frontières de
son dit territoire. Il s’est originellement
bâti, par le fer et
dans le sang, sur la destruction
et l’oppression de nombreux
peuples et nations
indiennes qu’il a pour beaucoup
exterminé… La
« démocratie » américaine
s’est édifiée sur le crime planifié
de milliers d’indiens
encore aujourd’hui dépossédés
et parqués.
Parmi ces peuples et ces
nations, les Sioux.
La propagande…
Beaucoup ignorent ou méconnaissent
l’historicité et la réalité de cette
communauté historique. La propagande
américaine a toujours présenté,
notamment par le biais de
nombreux films hollywoodiens, les
indiens comme des « méchants
peaux rouges » contre lesquels intervenaient
les « courageuses tuniques
bleues » salvatrices des pauvres
familles américaines en convoi de
caravanes…. Ces films ont paradoxalement
rendu célèbres des noms
comme « Sitting Bull, » ou « Crazy
Horse » véritables et courageux chefs
de guerre de la résistance des sioux.
…et l’histoire !
Les sioux se nomment en fait les «
Oceti Sakowim Oyate » ou « peuple
des sept feux ». Le terme de sioux
vient en fait du français. La langue
sioux est « le nakota » avec d’autres
diversités parlés comme « le lakota »
et « le nakota ».
Les « Oceti Sakowim oyate » ont
une tradition nomade et ont toujours
occupé un espace couvrant actuellement
trois provinçes canadiennes et
seize états américains. Ils vivaient
auparavant de leur environnement
naturel, principalement de la cueillette
et de la chasse au bison. Ils
étaient terriblement craints pour leurs
coutumes guerrières mais malgré leur
détermination ils n’ont pu avoir raison
de la supériorité en nombre et en
armes de ceux qu’ils ont toujours
appelé les « blancs » ; ces « blancs »
qui les ont divisés pour mieux les
parquer dans de ridicules lopins de
terres…
A partir de 1854, les sioux entrèrent
en lutte contre l’armée américaine et
tentèrent par leur résistance d’enrayer
la progression des nombreux colons.
Pendant de nombreuses années ils
surent leur opposer une lutte acharnée
et ce, sous la conduite de chefs
mythiques comme Red Cloud, Sitting
Bull et Crazy Horse. Ils infligèrent
une cinglante défaite à l’armée américaine
lors de la célèbre bataille de «
Little Big Horne » en 1876 durant
laquelle le cruel général Custer fut
tué.
Mais la mort de Crazy Horse en
1877, celle de Sitting Bull en 1890, la
soumission définitive de Red Cloud
et le massacre de Wounded Knee en
décembre 1890 atténuèrent les capacités
de cette heroïque résistance.
La résistance
aujourd’hui
C’est à travers « l’American Indian
Movement » qu’est ressurgi depuis la
fin des années 1960, la revendication
de cette nation opprimée mais jamais
éteinte. De nos jours les « Oceti
Sakowim Oyate » ne possédent plus
que 3 % de leurs terres ancestrales
tout en accroissant selon un recensement
officiel leur population de 20%.
Ils subissent également un chômage
de 80% (!!!) dans ces fameuses réserves
ou ils « vivent » parqués…
De son côté « l’American Indian
Movement » est médiatiquement
connu pour soutenir aussi un sioux
incarcéré depuis plus de 30 ans
maintenant, Léonard Peltier.
Quelles perspectives ?
Beaucoup ignorent que sur le territoire
même des Etats – Unis s’organisent
et résistent des peuples indiens
comme les sioux. Au nombre de
leurs revendications, celle de disposer
du droit en tant que peuple à
choisir librement son destin.
Le 30 juin 2006, le Conseil des
Droits de l’Homme des Nations Unies
(ce conseil est une nouvelle instance)
a adopté une déclaration très importante
concernant les peuples autochtones
:
« La déclaration affirme notamment
que les peuples autochtones ont le
droit à l’autodétermination et qu’en
vertu de ce droit, ils déterminent
librement leur statut politique et
recherchent librement leur développement
économique, social et culturel ».
Une adoption qui peut donner de
nouvelles perspectives, et un nouvel
élan à la résistance d’une grande nation
historique méconnue et qui continue
aujourd’hui de faire valoir ses droits
face à l’envahisseur qu’est cet « homme
blanc » et qui aujourd’hui répand le
sang et la terreur dans d’autres régions
du monde au prétendu nom de la lutte
contre le terrorisme et pour la liberté
(sic !) et ce, sous la férule d’un président
ultra – réactionnaire…
Les « Oceti Sakowim Oyate » rappellent
au monde un pan de leur mémoire
et leur lutte pour leur droit à une
conquête pour la liberté que peut être
les Nations Unies, à travers leur instance
nouvellement mise en place, le
Conseil des Droits de l’Homme, pourront
prendre en considération. Une
prise de conscience internationale se
dessine déjà à travers cet organisme et,
ni les sioux, ni un quelconque autre
peuple nié de par ce monde ne peut
faire l’impasse et encore moins l’économie
d’utiliser cet outil pour faire valoir
des droits universels qui leur son toujours
déniés.
Ulivieru Sauli