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Articulu di u numaru 18, ottobre di u 2006


Une nation opprimée : les sioux


L’impérialisme américain ne s’est pas seulement et uniquement construit sur des invasions et des expansions extérieures aux frontières de son dit territoire. Il s’est originellement bâti, par le fer et dans le sang, sur la destruction et l’oppression de nombreux peuples et nations indiennes qu’il a pour beaucoup exterminé… La « démocratie » américaine s’est édifiée sur le crime planifié de milliers d’indiens encore aujourd’hui dépossédés et parqués. Parmi ces peuples et ces nations, les Sioux.


La propagande…

Beaucoup ignorent ou méconnaissent l’historicité et la réalité de cette communauté historique. La propagande américaine a toujours présenté, notamment par le biais de nombreux films hollywoodiens, les indiens comme des « méchants peaux rouges » contre lesquels intervenaient les « courageuses tuniques bleues » salvatrices des pauvres familles américaines en convoi de caravanes…. Ces films ont paradoxalement rendu célèbres des noms comme « Sitting Bull, » ou « Crazy Horse » véritables et courageux chefs de guerre de la résistance des sioux.


…et l’histoire !

Les sioux se nomment en fait les « Oceti Sakowim Oyate » ou « peuple des sept feux ». Le terme de sioux vient en fait du français. La langue sioux est « le nakota » avec d’autres diversités parlés comme « le lakota » et « le nakota ».

Les « Oceti Sakowim oyate » ont une tradition nomade et ont toujours occupé un espace couvrant actuellement trois provinçes canadiennes et seize états américains. Ils vivaient auparavant de leur environnement naturel, principalement de la cueillette et de la chasse au bison. Ils étaient terriblement craints pour leurs coutumes guerrières mais malgré leur détermination ils n’ont pu avoir raison de la supériorité en nombre et en armes de ceux qu’ils ont toujours appelé les « blancs » ; ces « blancs » qui les ont divisés pour mieux les parquer dans de ridicules lopins de terres…

A partir de 1854, les sioux entrèrent en lutte contre l’armée américaine et tentèrent par leur résistance d’enrayer la progression des nombreux colons. Pendant de nombreuses années ils surent leur opposer une lutte acharnée et ce, sous la conduite de chefs mythiques comme Red Cloud, Sitting Bull et Crazy Horse. Ils infligèrent une cinglante défaite à l’armée américaine lors de la célèbre bataille de « Little Big Horne » en 1876 durant laquelle le cruel général Custer fut tué.

Mais la mort de Crazy Horse en 1877, celle de Sitting Bull en 1890, la soumission définitive de Red Cloud et le massacre de Wounded Knee en décembre 1890 atténuèrent les capacités de cette heroïque résistance.


La résistance aujourd’hui

C’est à travers « l’American Indian Movement » qu’est ressurgi depuis la fin des années 1960, la revendication de cette nation opprimée mais jamais éteinte. De nos jours les « Oceti Sakowim Oyate » ne possédent plus que 3 % de leurs terres ancestrales tout en accroissant selon un recensement officiel leur population de 20%. Ils subissent également un chômage de 80% (!!!) dans ces fameuses réserves ou ils « vivent » parqués…

De son côté « l’American Indian Movement » est médiatiquement connu pour soutenir aussi un sioux incarcéré depuis plus de 30 ans maintenant, Léonard Peltier.


Quelles perspectives ?

Beaucoup ignorent que sur le territoire même des Etats – Unis s’organisent et résistent des peuples indiens comme les sioux. Au nombre de leurs revendications, celle de disposer du droit en tant que peuple à choisir librement son destin.

Le 30 juin 2006, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies (ce conseil est une nouvelle instance) a adopté une déclaration très importante concernant les peuples autochtones :

« La déclaration affirme notamment que les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination et qu’en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et recherchent librement leur développement économique, social et culturel ».

Une adoption qui peut donner de nouvelles perspectives, et un nouvel élan à la résistance d’une grande nation historique méconnue et qui continue aujourd’hui de faire valoir ses droits face à l’envahisseur qu’est cet « homme blanc » et qui aujourd’hui répand le sang et la terreur dans d’autres régions du monde au prétendu nom de la lutte contre le terrorisme et pour la liberté (sic !) et ce, sous la férule d’un président ultra – réactionnaire…

Les « Oceti Sakowim Oyate » rappellent au monde un pan de leur mémoire et leur lutte pour leur droit à une conquête pour la liberté que peut être les Nations Unies, à travers leur instance nouvellement mise en place, le Conseil des Droits de l’Homme, pourront prendre en considération. Une prise de conscience internationale se dessine déjà à travers cet organisme et, ni les sioux, ni un quelconque autre peuple nié de par ce monde ne peut faire l’impasse et encore moins l’économie d’utiliser cet outil pour faire valoir des droits universels qui leur son toujours déniés.

Ulivieru Sauli

 

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