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Articulu di u numaru 39, Dicembre di u 2008


Le STC grand vainqueur des élections prud'hommales
Une victoire historique mais logique !



« Ce sont les travailleurs Corses qui feront l'économie de la Corse. Il est impératif qu'ils ne soient pas exclus des choix qui seront faits, tant au niveau des options que des formes structurelles. Et que demain, ils restent en mesure de contrôler les outils de la mise en oeuvre du développement auquel ils auront participé »

Interview du STC, à quelques jours de son congrès fondateur du 1er mai.
U Ribombu, 26 avril 1984


Avec plus de 40% des voix, le STC est devenu le 1er syndicat de Corse après sa brillante victoire aux élections prud'hommales du 4 décembre dernier.

En effet, le syndicat patriotique a remporté le scrutin dans les deux départements, ce qui lui permet de prendre les présidences des deux conseils prud'hommaux de l'île. En Corse du Sud, le STC confirme sa victoire, obtenue lors de l'élection de 2002, en devançant la CGT de plus de 630 voix. Les nationalistes ont obtenu 2 élus dans les différents collèges de l’industrie, du commerce, de l'agriculture et de l'encadrement, ainsi que 3 élus dans le secteur des activités diverses. Cela lui permet d'obtenir 11 sièges, et la majorité, sur les 21 que compte le conseil des prud'hommes. En Haute Corse, 58 voix seulement ont fait la différence. Mais le succès est historique, car ce département était, d'une part, une chasse gardée de la CGT, et, d'autre part, il y a 6 ans, 1000 voix, en faveur des cégétistes, séparaient les deux syndicats ! La progression est énorme, car cela veut dire que le STC a obtenu près de 1100 votes de plus qu'en 2002.

En Haute Corse aussi, le STC obtient 11 sièges au conseil prud'hommal contre 10 à la CGT, en arrivant en tête dans quatre collèges (commerce, agriculture, encadrement, activités diverses) sur cinq. L'industrie revenant à la CGT.

Cette double victoire du STC est historique et symbolique. Elle témoigne du chemin parcouru depuis la création du syndicat le 1er mai 1984, à qui les centrales françaises prédisaient l’échec et à qui le PCF assurait une disparition rapide. « Dans deux mois on n’en parlera plus… »

Cette victoire est le reflet de 25 ans de luttes syndicales acharnées, non pas pour des intérêts corporatistes mais pour ceux collectifs des salariés et du peuple corse : à Prisunic, à la Société Mutualiste, à la SEITA, à la CFC, à la SNCM ou lors des grands conflits de 1989 et 1995. Elle est aussi la plus belle réponse aux menaces de dissolution par l'Etat français, en 1987, à l'incarcération en 1987 et 1998 de ses dirigeants.

Elle rend enfin hommage à tous ces militants qui nous ont quittés, comme Pierre Coggia en cette année 2008.

Mais ce succès est par ailleurs logique. Car s'il récompense, il est vrai, le travail de terrain réalisé au quotidien par le syndicat, il résonne aussi comme une prise de conscience des travailleurs et du peuple corse, pour lesquels les notions de Libération Nationale et de Libération Sociale sont étroitement liées. Le STC permet ainsi une alchimie, qui dépasse le concept de lutte de classes, en créant les conditions d'une union large de la société corse autour de la question essentielle de son devenir sur sa terre. Le succès du STC marque clairement une volonté de tourner le dos à des démarches syndicales et politiques qui ont contribué à alimenter et à pérenniser le système en place, porteur de dépérissement social, politique, économique et culturel pour le peuple. Les Corses ont compris que les solutions leur appartiennent et qu'ils n'obtiendront de libération sociale que par eux même. Et, au-delà des mots, n'en déplaise aux syndicats traditionnels, il ne peut y avoir en Corse de véritable libération sociale sans changer en profondeur le système actuel. Sans libération nationale. Et malheureusement, ces syndicats ont souvent joué les courroies de transmission des intérêts de l'Etat au détriment des intérêts collectifs et nationaux du peuple corse. C'est pour ça qu'ils ont été sanctionnés, car ils ne répondent pas à la situation et ne proposent pas d'alternatives aux mécanismes de l'exploitation sous toute ses forme. D'ailleurs, au lendemain de l'élection nous avons entendu des dirigeants CGT souligner « qu'eux aussi étaient Corses ». Là n'est pas la question, car cela est vrai et ces militants sont des gens courageux qui n'hésitent pas à mouiller chaque jour leur chemise.

Mais cela ne sert à rien de l'affirmer si cela reste un voeu pieux. C'est tous les jours qu'il faut être du côté du parti de la Corse, sans se soucier d'un positionnement conjoncturel, d'adaptations tactiques de circonstance ou de la coloration politique du gouvernement.

C'est-à-dire en n’étant pas, comme ce fût leur cas dans les années 80, aux côtés de la CFR, en ne restant pas silencieux, comme dans les années 90, face à l’incarcération d'un secrétaire STC, en ne détournant pas, comme dans les années 2000, le véritable enjeu d'un référendum, ou en ne bradant pas l'action à la SNCM pour un accord avec l'UMP, au « niveau national » sur la question d'EDF…

Enfin, la victoire du STC est aussi un échec pour l'Etat, et ses relais UMP et PRG, qui montre que les nationalistes sont véritablement une force incontournable, et que le problème corse dans sa globalité ne peut être réduit à de simples considérations vues sous le seul angle répressif. Le peuple corse est debout sur sa terre et il entend bien redevenir, demain, moteur de son histoire.

Battì Lucciardi

 

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