Accolta

Accolta Cap'articulu Attualità Pulitica Ghjustizia Internaziunale I Prigiuneri Fiure Cultura Abbunamentu Cuntatti Ligame

Dibattitu nant'à a Sulidarità


Volonté de disparaître des mouvements de défense des prisonniers politiques, la Torture en Espagne, le départ de monsieur Sarkosy, et la réalité des rapprochements ont été les thèmes principaux des intervenants lors de ce débat sur la question des prisonniers politiques.


Il y avait du monde pour ce débat organisé par le Comité Anti Répression ce samedi 6 août lors des ghjurnati di Corti 2005. Du monde mais surtout des débats et des témoignages intéressants qui, de la Corse à Euskal Herria témoignent de la réalité d'une répression policière et judiciaire. Il y avait beaucoup plus de monde encore pour écouter dimanche le discours du C.A.R. en préambule de celui d'Unione Naziunale. Un discours qui rappelle la place des revendications humanitaires dans le cadre de la lutte du peuple corse et du rôle de l'ensemble des prisonniers politiques partie prenante de cette démarche d'union qui doit s'étendre pour s'affirmer comme alternative.

D'emblée le ton était donné lors du débat de présentation publique, en phase avec - hélas - l'actualité répressive : Un soutien commun du C.A.R. et de Riscossa Paisana consécutive à la déportation et l'incarcération d'un ancien prisonnier politique, Paulu Garatte, une façon de rappeler aux éventuels détracteurs de notre combat que la solidarité plurielle ne saurait se diviser face aux menées policières.

Les porte-paroles du contre-pouvoir humanitaire donnent le ton et la projection de ce débat : d'un côté le constat de la permanence des agissements répressifs, et de l'autre le souhait qu'un jour le C.A.R. ne puisse plus exister car cela voudrait dire vraiment qu'il n'y a plus de prisonniers politiques corses et qu'une autre situation politique non conflictuelle prend enfin le pas.

Mais le constat tracé des activités de cette année, et les récents évènements rappellent qu'en l'état actuel des choses - et le ministre français de l'intérieur l'a réitéré lors de son dernier périple - il ne saurait y avoir de changement évolutif du côté du gouvernement français…

Les représentants humanitaires basques sont également venus raconter en tribune la dureté des souffrances - morales et physiques - endurées par les patriotes basques en lutte pour l'indépendance et le socialisme. Ils mettent en relief par la brutalité des témoignages - crus - lus publiquement que, en Europe de nos jours, on continue sous le gouvernement espagnol à torturer comme au temps des casernes de la " Guardia Civil " de l'époque franquiste. Franco n'est pas tout à fait mort… et la démocratie n'est qu'un mot vidé de toute sa substance… Les chiffres concernant la répression au Pays Basque sont éloquents : il y a actuellement 710 prisonniers politiques incarcérés dans 86 prisons et repartis entre quatre Etats, Espagne, France, Mexique et Grande Bretagne.

Seuls 11 d'entre eux se trouvent dans des établissements pénitentiaires du Pays Basque.

Lors du constat d'activités, une lettre de Carlu Pieri, un patriote incarcéré, a été lue, portant sur l'analyse de la situation actuelle et qui essaye de situer dans le cadre actuel de la lutte, la réalité du soutien humanitaire : " Je ne sais pas faire la différence dans le soutien, qu'il vienne du C.A.R. dont je salue le travail exemplaire depuis plus de vingt ans ou de la Riscossa qui est tout aussi sincère. Le soutien ne peut être divisé car l'oppression ne l'est certainement pas ". Et plus loin de citer l'actuel ministre de l'intérieur français pour l'interpeller : " Aujourd'hui un ministricule continue de jouer le Duce de Neuilly, lui aussi, comme ses prédécesseurs qu'il se plait tant à critiquer, a déjà échoué et il le sait depuis longtemps. A travers vous, je peux lui poser la traditionnelle question de Paul Quastana au préfet Bonnet " Quand partirez - vous Mr Sarkozy ? " car il partira.

Autre sujet du constat établi, la réalité des rapprochements. En mettant en évidence la donnée brute et chiffrée -4 détenus- par rapport aux 45 autres patriotes déportés et emprisonnés en France, le constat est vite donné… Le manque de lisibilité politique du gouvernement en place, ses promesses concernant ce rapprochement non tenues et la subordination de quelques élus de la collectivité territoriale, saisie du dossier, en disent long sur les intentions réelles du système établi… Un constat qui ne viendra pas contredire cette maxime historique : le colonialisme n'a pas vocation à s'auto-mutiler !!! Et ainsi - et là intervient le débat - de réfléchir aux actions de sensibilisation et de mobilisation car seuls les rapports de forces populaires sont de nature à contraindre l'état français.

Le témoignage d'un ancien prisonnier politique est venu compléter le noir tableau des conditions de détention qui en France, sont de plus en plus détestables, le système pénitentiaire français ne répondant plus aux normes de décence…

Le dimanche a été, pour le Comité Anti Répression, l'occasion le temps d'un discours aux côtés des représentants de l'Unione Naziunale, de rappeler au-delà de la question du rapprochement, la réalité d'un combat dont sont partie prenante l'ensemble des détenus politiques. Un discours clair et sans concession pour situer dans l'avenir un des objectifs stratégiques du contre - pouvoir humanitaire : la libération de tous les patriotes emprisonnés. Le discours est reproduit in extenso ci-après. Une façon de dire que jamais l'oppresseur français ne nous fera taire :
Un staremu mai zitti !

Ulivieru Sauli

 

Sur le même thème

© U Ribombu Internaziunale — 2006