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Articulu di u numaru 28/29, Aostu/Sittembre di u 2007


Le Syvadec ramené à la raison

le péril de l'incinérateur est écarté



Le Syvadec, récemment transformé en syndicat de réalisation, a sagement résolu d'écarter l'utilisation de l'incinération pour le traitement des déchets ménagers. L'action de CNI a pesé fortement sur ce retour vers des options moins dangereuses pour l'environnement et la santé publique. La vigilance reste cependant de mise pour obtenir la modification de l'ensemble du PIEDMA.

La lutte contre l'incinérateur, symbolique d'une Corse qui résiste aux agressions en tout genre sur son environnement, enregistre un succès capital.

Mr Tatti, le président du Syvadec, a annoncé publiquement renoncer au choix du tout incinération. Ce combat, mené au départ par un collectif anti-incinération, constitué à Ponte Leccia ou l'incinérateur devait être implanté, a fédéré l'ensemble des forces vives de ce pays.

Echaudés par l'affaire des boues rouges dans les années 70, le mensonge d'Etat de Tchernobyl en 1986, la pollution du Vazziu et le scandale de l'amiante, le peuple corse a de nouveau démontré sa capacité à résister aux agressions. Il faut ici féliciter la poignée de citoyens courageux qui ont su éclairer la population sur les dangers extrêmement graves de ce procédé, et cela malgré la force de l'adversaire soutenu par la CTC et les puissances de l'argent.

Le numéro de décembre 2006 du Ribombu titrait " le scandale du Syvadec ", et nous avions alors démontré que le projet était une triple escroquerie : financière, sanitaire etintellectuelle. Nous avions également proposé une alternative crédible qui est aujourd'hui, et nous nous en réjouissons, reprise presque point par point. Il faut mettre également en exergue la position de l'Associu Corsu di a Salute qui fin novembre 2006 prenait courageusement position en dénonçant les effets sanitaires désastreux des incinérateurs. A cette époque, les syndicats de médecins, les organisations professionnelles de médecins (conseil de l'ordre et union régionale de médecins libéraux) n'avaient pas pris position et restaient sur une prudente expectative. Il faut dire que le Syvadec faisait appel à des sommités médicales, comme le Pr Narbonne, qui nous servaient à longueur de journaux un discours sur le caractère non nocif des incinérateurs de nouvelle génération. Notons au passage, qu'aucune de ces dîtes sommités ne nous a contredits et n'a voulu débattre sur le terrain scientifique…

Etait-il nécessaire d'allouer 600 000€ de frais de fonctionnement au Syvadec ? était-il nécessaire de perdre tant de temps et d'argent pour revenir à la raison ? Pour autant, il n'est pas question de délivrer un blanc seing, d'accorder un quelconque satisfecit à Mr Tatti. Il faut maintenant passer aux actes et adopter définitivement, avec vote à la clef de l'assemblée de Corse, le plan raisonné que nous proposons depuis huit mois. Dans un premier temps, trouver de nouveaux sites d'enfouissement capables d'absorber les déchets pendant au moins cinq ans. Cela est tout à fait possible et le Syvadec l'a admis. Cette période doit être mise à profit pour deux objectifs :

"Réduction drastique des déchets à la source par une incitation et un dialogue avec les grandes surfaces et les commerçants, en privilégiant un minimum d'emballages et si possibles en matériaux biodégradables" Pousser le plus possible le tri-sélectif par des campagnes de sensibilisation mettant en avant l'écocitoyenneté et l'effort partagé pour le bien de la collectivité.

C'est bien sur le tri-sélectif que doivent porter les efforts des collectivités, car pour parvenir à l'objectif de 50% du tonnage total des déchets mébagers, l'effort à fournir est important quand on sait qu'une ville comme Bastia ne réalise que 5% de tri. Il faudra donc une volonté politique sans faille, et un travail quotidien, pour faire changer les habitudes et les mentalités.

Que faudra-t-il faire de ces déchets triés ? nous avons proposé la construction de quatre unités de tri-valorisation- matière servant à parfaire le tri par des méthodes manuelles et mécaniques et en fin exporter ces matières récupérés (plastiques, papiers, verre, métaux). Ces unités devront se situer au voisinage des ports pour faciliter l'exportation. ces usines sont créatrices d'emplois et leur bilan économique est équilibré par la vente des matières recyclables. Ce n'est qu'après avoir mis en place ces trois étapes, réduction à la source, tri, valorisation, que se posera le problème de l'élimination des déchets résiduels, réduits au minimum de tonnage. Il est probable que la masse annuelle à traiter sera entre 80 et 100000 tonnes. Il s'agit donc bien de reprendre la problématique par le bon bout. Le choix devra alors se faire entre plusieurs procédés dont la gazéification et la thermolyse semblent les plus performants. Il sera alors temps de construire cette unité de destruction des déchets ménagers non valorisables.

Le renoncement à l'incinération n'est pas la fin de ce combat pour un environnement préservé. Il faudra encore se battre contre la réalisation d'un méga-quai de transfert à l'Arinella, conçu dans le cadre du projet d'incinération et qui depuis son abandon est hors sujet.

Le peuple corse a su mener une lutte exemplaire pour refuser un projet néfaste et contraire à ses aspirations de développement durable, fondé sur l'identité et l'environnement.

Clément Filippi

 

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© U Ribombu Internaziunale — 2007