C’est sur ce thème de défense des intérêts collectifs du Peuple Corse que Unioni Naziunali
a procédé à un barrage filtrant à Porti Vechju.
En effet, cette fin d’après midi
et pendant près de
deux heures, le carrefour
situé à l’entrée de Porti
Vechju au lieu dit « Ponte
di u Stabiacciu » était
occupé par une cinquantaine
de militants de
Unioni Naziunali afin de
distribuer des tracts
dénonçant la politique de
dépossession entreprise
sur la base de « projets »
élaborés par le président
de la Collectivité Territoriale.
Ce fut des colonnes de
voitures qui furent ainsi
immobilisées un instant
pour chacun et des milliers
de tracts purent être
ainsi porté à la connaissance
du public.
Les désagréments occasionnés
pour les automobilistes
ont été peu perçus
tant cette mobilisation
était comprise par la
population de Porti
Vechju.
Voici le texte du tract
distribué :
A tarra corsa à i Corsi !
Corsica tarra sacra...
Le peuple Corse a forgé
sa conscience nationale
dans et par la défense de
sa terre. Son être collectif
s’est constitué dans un rapport
privilégié à une terre,
à la fois nourricière, protectrice
et sacrée. Si ce lien
devait être rompu, le peuple
Corse disparaîtrait.
A gabbia senza
l’aceddi
Aujourd’hui une entreprise
sans précédent de
dépossession est mise
en oeuvre par l’alliance
objective des affairistes,
des tenants de l’uniformisation
et de l’administration
française qui
verrait par-là enfin un
moyen de régler la
question Nationale
Corse.
Vargugna à tè
chì vendi a tarra
Si l’orientation de cette
politique est décidée dans
la concertation entre
Bruxelles et Paris, son
champ d’application, lui,
est bien la Corse et l’exécution
de cette basse
besogne est confiée à
l’Assemblée de Corse et
aux Municipalités qui, par
le biais de deux outils
juridiques que sont le
PADDUC et le PLU, sont
chargés de donner une
apparente légitimité a des
décisions déjà prises ailleurs.
Il ne faut plus des lors
s’étonner de l’opacité qui
entoure le PLU de Porti
Vechju. Son élaboration
est visiblement influencée
par le Président de l’Assemblée
de Corse, premier
mandataire de l’UMP
sur l’île et farouche partisan
de la « dé-sanctuarisation
». Citons pour l’anecdote
les deux projets de
golf sur la commune et
leur possible localisations…,
qui plus est,
l’activité golfique est sur
consommatrice d’eau,
alors même que la distribution
et l’état des infrastructures
(barrages
etc.…) ne sont souvent
pas de nature à répondre
aux stricts besoins collectifs
de la population.
Enfin, quand on sait que
les golfs ne sont que prétextes
à la réalisation de
vastes programmes immobiliers
autour desquels
règne un silence assourdissant,
on comprend
mieux la philosophie du
PLU de Porti Vechju.
I Brinnaghji fora
Le refus de la transparence
qui préside à l’élaboration
du PLU peut
inciter au développement
de démarches individuelles
pour la mise en
valeur de leur patrimoine
foncier, personnel
ou familial. Ces démarches,
pour légitimes
quelles puissent être, ne
pourront à terme protéger
les Corses des pressions
financières, voire
mafieuses, qui ne manqueront
pas de s’exercer.
En dehors d’un cadre
réglementaire qui protège
leurs intérêts collectifs,
les Corses ne pourront
pas maîtriser leur
héritage foncier.
Una situazioni
pessima
Les conséquences de cette
dépossession sont déjà sensibles
sur le plan social. Il
devient pratiquement
impossible pour les Corses
de se loger. La jeunesse en
est d’ailleurs la première
victime. Les échéances à
venir comme la fin de l’Arrêté
Miot et la sortie de l’indivision
finiront de spolier
les Corses de leur patrimoine.
Or, on n’a jamais vu
un peuple se développer
en bradant ses richesses
naturelles. Le développement
économique promis
est en fait celui d’une
population de substitution
au détriment de notre jeunesse
et de notre communauté
historique.
Forti saremu, sè
uniti saremu !
Cette situation n’est pas le
fait du hasard. Elle est la
conséquence d’une domination
coloniale ancestrale
relayée en Corse par un
personnel politique soumis
et amorphe. Il nous appartient
de le sortir de sa torpeur
par une lutte politique
déterminée avec toute
l’énergie dont doit être
capable un peuple promis
à la disparition.
Ludovic Giafferi