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Articulu di u numaru 18, ottobre di u 2006


A tarra corsa à i Corsi !
Corsica tarra sacra...


C’est sur ce thème de défense des intérêts collectifs du Peuple Corse que Unioni Naziunali a procédé à un barrage filtrant à Porti Vechju.

En effet, cette fin d’après midi et pendant près de deux heures, le carrefour situé à l’entrée de Porti Vechju au lieu dit « Ponte di u Stabiacciu » était occupé par une cinquantaine de militants de Unioni Naziunali afin de distribuer des tracts dénonçant la politique de dépossession entreprise sur la base de « projets » élaborés par le président de la Collectivité Territoriale.

Ce fut des colonnes de voitures qui furent ainsi immobilisées un instant pour chacun et des milliers de tracts purent être ainsi porté à la connaissance du public.

Les désagréments occasionnés pour les automobilistes ont été peu perçus tant cette mobilisation était comprise par la population de Porti Vechju.

Voici le texte du tract distribué :


A tarra corsa à i Corsi !
Corsica tarra sacra...

Le peuple Corse a forgé sa conscience nationale dans et par la défense de sa terre. Son être collectif s’est constitué dans un rapport privilégié à une terre, à la fois nourricière, protectrice et sacrée. Si ce lien devait être rompu, le peuple Corse disparaîtrait.


A gabbia senza l’aceddi

Aujourd’hui une entreprise sans précédent de dépossession est mise en oeuvre par l’alliance objective des affairistes, des tenants de l’uniformisation et de l’administration française qui verrait par-là enfin un moyen de régler la question Nationale Corse.


Vargugna à tè chì vendi a tarra

Si l’orientation de cette politique est décidée dans la concertation entre Bruxelles et Paris, son champ d’application, lui, est bien la Corse et l’exécution de cette basse besogne est confiée à l’Assemblée de Corse et aux Municipalités qui, par le biais de deux outils juridiques que sont le PADDUC et le PLU, sont chargés de donner une apparente légitimité a des décisions déjà prises ailleurs.

Il ne faut plus des lors s’étonner de l’opacité qui entoure le PLU de Porti Vechju. Son élaboration est visiblement influencée par le Président de l’Assemblée de Corse, premier mandataire de l’UMP sur l’île et farouche partisan de la « dé-sanctuarisation ». Citons pour l’anecdote les deux projets de golf sur la commune et leur possible localisations…, qui plus est, l’activité golfique est sur consommatrice d’eau, alors même que la distribution et l’état des infrastructures (barrages etc.…) ne sont souvent pas de nature à répondre aux stricts besoins collectifs de la population.

Enfin, quand on sait que les golfs ne sont que prétextes à la réalisation de vastes programmes immobiliers autour desquels règne un silence assourdissant, on comprend mieux la philosophie du PLU de Porti Vechju.


I Brinnaghji fora

Le refus de la transparence qui préside à l’élaboration du PLU peut inciter au développement de démarches individuelles pour la mise en valeur de leur patrimoine foncier, personnel ou familial. Ces démarches, pour légitimes quelles puissent être, ne pourront à terme protéger les Corses des pressions financières, voire mafieuses, qui ne manqueront pas de s’exercer.

En dehors d’un cadre réglementaire qui protège leurs intérêts collectifs, les Corses ne pourront pas maîtriser leur héritage foncier.


Una situazioni pessima

Les conséquences de cette dépossession sont déjà sensibles sur le plan social. Il devient pratiquement impossible pour les Corses de se loger. La jeunesse en est d’ailleurs la première victime. Les échéances à venir comme la fin de l’Arrêté Miot et la sortie de l’indivision finiront de spolier les Corses de leur patrimoine.

Or, on n’a jamais vu un peuple se développer en bradant ses richesses naturelles. Le développement économique promis est en fait celui d’une population de substitution au détriment de notre jeunesse et de notre communauté historique.


Forti saremu, sè uniti saremu !

Cette situation n’est pas le fait du hasard. Elle est la conséquence d’une domination coloniale ancestrale relayée en Corse par un personnel politique soumis et amorphe. Il nous appartient de le sortir de sa torpeur par une lutte politique déterminée avec toute l’énergie dont doit être capable un peuple promis à la disparition.

Ludovic Giafferi

 

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