Le tourisme dans notre
civilisation des loisirs est
devenu un atout économique
de grande importance.
Le développement
des transports internationaux,
la hausse du
niveau de vie européen
ont fait de chaque citoyen
un voyageur potentiel.
Cette activité économique
longtemps vue comme un
revenu d’appoint voire un
mal nécessaire, doit devenir
une véritable industrie
capable de compenser
l’absence d’industrialisation
de la Corse. Le tourisme
doit être le moyen
de conquérir notre indépendance
économique
comme ont pu le faire nos
proches voisins. Le tourisme
maîtrisé par le
Peuple corse, à son service,
respectueux de notre
environnement, ancré sur
des valeurs identitaires
fortes sera l’instrument
de la désaliénation culturelle
et patrimoniale, le
créateur d’emplois et de
richesses nouvelles assurant
notre indépendance
nationale.
Etat des lieux
Quels sont les retombées économiques
et les effets pervers d’une politique
touristique non maîtrisée ? Sur le
plan économique malgré les presque
2,5 millions de visiteurs par an
annoncés glorieusement, l’apport réel
est faible. Le tourisme produit 8% du
PIB de la Corse et emploie 4% des
actifs (en terme d’emplois équivalent
temps-plein annuel E.T.P.A). Les rapports
bénéfices/inconvénients et
emplois créés/investissements sont
donc bien faibles, surtout si on les
compare à Malte et Chypre où l’activité
touristique produit 20 % du PIB.
Il est vrai que ces deux pays sont
indépendants et maîtrisent leur économie.
Incidences
foncières
Dans les années cinquante et
soixante les grands groupes financiers,
encouragés par l’Etat français
et ses relais locaux, ont acquis pour
une misère des centaines de milliers
d’hectares parmi les plus belles terres
de notre pays. Les projets les plus
fous ont germé, surtout dans
l’Extrême-Sud où l’on projetait de
construire 100.000 lits d’hébergement.
Heureusement face à cette
agression le peuple a su résister et
contraindre ces colons à renoncer.
Cependant ces terrains n’appartiennent
plus à la Corse. Il s’agit d’une
menace permanente, pernicieuse, qui
ressurgit de façon récurrente lorsque
notre garde baisse un tant soit peu.
Aujourd’hui la menace s’appelle
PADDUC. Ce plan d’aliénation massive
de notre patrimoine le plus précieux
prévoit en effet d’augmenter de
façon sensible la constructibilité du
littoral. Ne nous y trompons pas, il
s’agit de récupérer les meilleures terres,
les sites les plus remarquables,
pour y construire des résidences en
grand nombre pour les « happy
few ». Ces terres, parmi les plus
exploitables seront aliénées aux
dépens des agriculteurs et à jamais
perdues pour notre jeunesse. Nous ne
pouvons tolérer qu’au mépris de la loi
littoral on construise des lotissements
de luxe contribuant très peu à notre
économie. Ces résidences secondaires
qui sont déjà en trop grand nombre,
trois fois plus qu’en France, présentent
de multiples inconvénients. Elles
utilisent beaucoup d’espace, générant
le phénomène de mitage des terres,
elles coûtent beaucoup au contribuable
corse, car il faut y amener de
l’eau potable en grande quantité pour
remplir les piscines, faire des routes
d’accès, veiller à l’assainissement et à
l’enlèvement des ordures ménagères,
tout ceci pour un habitat dispersé
majorant d’autant les coûts.
Ces heureux
propriétaires se mêlent très peu à
la population indigène, ils préfèrent
festoyer entre eux, enfermés dans
leurs villas grand luxe, contribuant
peu au commerce local, et donc à la
richesse de la Corse. De plus, ces villas
sont très souvent louées en saison
jusqu’à 10.000 € la semaine, cela
sans déclaration fiscale évidemment,
payés hors de Corse et en concurrence
directe et déloyale avec les
hôteliers. Si le seul apport économique
des résidences secondaires est
leur construction par les entreprises
de maçonnerie insulaires, cela est
bien peu, comparé à leurs multiples
inconvénients. La construction massive
de résidences secondaires est
antiéconomique, induit une activité
dissimulée non négligeable, participe
à la spéculation foncière. Elle est une
concurrence déloyale pour le secteur
hôtelier professionnel et crée peu
d’emplois.
La politique
actuelle
La CTC et l’Etat français, « Le
Parti français », poursuivent le même
but qui est d’augmenter la dépendance
économique de la Corse. Les
élus pour sauvegarder leur clientèle
électorale et renforcer les liens de
dépendance de leurs électeurs ne peuvent
en aucun cas favoriser la véritable
liberté de l’individu qui est l’autonomie
financière créée par le fruit de
son travail. L’Etat colonial, dans la
logique invariable, renforce le lien
exclusif avec la France, accentue sa
politique de dilution démographique
et d’acculturation. Les moyens de
cette politique sont le grignotage du
littoral, la confiscation par de grands
groupes financiers des meilleures terres,
la spéculation immobilière et la
pression foncière qui excluent les
Corses et en font des citoyens de
seconde zone sur leur propre terre.
Comment le Parti français remplit-il
ces objectifs ? Tout simplement en
chantant les louanges d’un tourisme
de masse, mal maîtrisé et concentré
sur deux mois d’été. En vantant les
mérites de la construction de résidences
secondaires, en favorisant les projets
de grands groupes financiers aux
ramifications troubles, en favorisant
la création de résidences de vacances
aux mains des tour-opérators. Cette
politique doit être rejetée en bloc car
elle va à l’encontre des intérêts collectifs
du peuple corse. Elle crée peu
d’emplois, elle n’enrichit que les couches
sociales les plus favorisées, et
augmente la pauvreté de la majorité
des Corses qui peinent à survivre
avec leurs familles. Elle délaisse l’intérieur
de l’île au profit de la bande
littorale où le rapport est bien plus
juteux, tout cela au bénéfice de quelques
propriétaires terriens et au détriment
de l’immense majorité du peuple
corse.
Quels moyens utilise le parti français
pour mener cette politique ?
La clientèle française, qui n’est pas
la meilleure au monde, a été largement
favorisée dans le but de remplacer
le lien exclusif avec la France.
Les transports maritimes ont été très
généreusement subventionnés (90
millions d’euro/an), pour obtenir des
tarifs de passage France-Corse au
plancher. Cela a favorisé la venue
d’une clientèle désargentée nous
inondant de flots de camping-cars et
caravanes, pleines à craquer, parquées
anarchiquement hors des campings,
ne laissant que leurs déchets à la
Corse. Cette clientèle, française presque
exclusivement (75 à 80 %), ne
venant que durant la période estivale,
est responsable du faible apport économique
constaté. De plus, l’hyper
saisonnalité de l’activité ne permet
pas à nos producteurs locaux du secteur
agroalimentaire de satisfaire la
demande sur une si courte période,
faisant les affaires de la grande distribution
qui s’approvisionne en France
grâce à l’argent de la continuité territoriale.
Les transports aériens cantonnent
la CCM à son rôle de « service
public » c’est-à-dire d’opérateur subventionné
de vols vers la France. En
ce qui concerne les « low cost » qui
seraient la panacée, ce n’est que la
répétition du maritime, hyper saisonnalité
et clientèle peu fortunée, sans
compter que ces compagnies négocient
toujours la gratuité des frais et
taxes aéroportuaires sur le dos encore
du contribuable corse. La politique
menée actuellement atteint des sommets
de perversité. Non seulement
elle ne crée que peu d’emplois, mais
de plus par l’hyper saisonnalité et
l’effet d’envahissement ressenti,
induit un rejet du tourisme artificiellement
entretenu et soutenant l’image
du Corse hostile à cette activité économique.
Propositions pour
un tourisme maîtrisé
créateur de richesse
et d’emplois
La comparaison avec l’île de Chypre,
indépendante, membre de l’Union
Européenne est édifiante. Avec moins
de 3 millions de visiteurs en 2001,
Chypre tirait de l’industrie touristique
20 % de son PIB et plus de 40.000
emplois. Dans cette île où les richesses
naturelles sont inférieures à celles de la
Corse, le tourisme est la locomotive de
l’économie et permet un niveau de vie
tout à fait comparable au nôtre.
Pourquoi ce qui est possible dans une
île de 460.000 habitants dont un tiers
est occupé par l’armée turque, n’est pas
réalisable ici, et maintenant ?
Une méthode de travail à révolutionner
L’étalement de la période de fréquentation
est une évidence. Elle est
espérée voire désirée comme la pluie
en août. La clientèle aujourd’hui française
à près de 80 %, très attachée
aux « grandes vacances » privilégie
le séjour plage en juillet-août. Seul le
démarchage d’autres clients britanniques, allemands, scandinaves, venant
des pays froids, amateurs de séjours
hors saison estivale, permettra de
rééquilibrer la fréquentation annuelle.
Il faut là encore citer l’exemple de
Chypre. La répartition annuelle s’y
fait en trois périodes, 40 % au printemps,
40 % en été, 20% les autres
mois. Il est donc réaliste de tabler sur
une période d’activité de six à huit
mois. Cette augmentation de 50 % du
temps de travail doit mécaniquement
doubler le nombre d’emplois ETPA.
L’étalement ne modifie pas le ratio
touriste-habitant à un instant donné.
Les deux axes de notre politique touristique
doivent donc être diversification
de la clientèle et étalement de la
fréquentation.
Quels sont les moyens de cette
politique ?
Les transports aériens : pour attirer
et surtout acheminer la clientèle nordeuropéenne,
très friande de séjours
brefs (6 à 10 jours) en avant et après
saison, il faut développer un réseau
pan-européen. Il serait suicidaire de
laisser ce trafic aux compagnies charters
et low-cost soumises aux touropérators
et autres grands voyagistes
dont les intérêts ne coïncideraient pas
forcément avec les nôtres. Ce trafic
doit être géré par la compagnie
aérienne corse. Cette extension du
réseau se ferait de manière raisonnée
et échelonnée, permettant l’amortissement
des investissements nécessaires
et la fidélisation de la clientèle.
Rappelons que Air Malta et Cyprus
Airways disposent de flottes de six
appareils moyens courriers et assurent
tous deux plus de quarante liaisons
régulières. Ceci leur permet de
recruter dans toute l’Europe, et parfois
plus loin (Russie, Moyen-Orient)
une large clientèle touristique très
diversifiée. Dans cette recherche de
nouveaux clients, le réseau des
Corses de la diaspora pourra être très
utile en servant de relais local.
Les transports maritimes : ils doivent
être redéployés en particulier
vers l’Espagne, la Sardaigne, et d’autres
pays du pourtour méditerranéen.
Cela permettra une plus grande diversité
de nos échanges et la sécurisation
de nos approvisionnements.
La politique des transports actuelle,
axée sur le maritime, un réseau aérien
embryonnaire (Nice, Marseille, Paris)
sont aux antipodes de ce qu’il faut
faire.
Les infrastructures hôtelières : il
faut y englober hôtellerie traditionnelle,
gîtes, chambres d’hôtes, campings,
ports de plaisance. En cette
matière il faut de l’éclectisme et en
donner pour tous les goûts. Un état
des lieux exhaustif doit être dressé
pour proposer un plan de remise à
niveau, financé par des prêts cautionnés
et aidés par la puissance publique,
remboursables en 25 ans, en
contrepartie de l’adhésion à une
charte de qualité environnementale,
architecturale, incluant aussi corsisation
des emplois et respect de la
législation du travail. Il faut rééquilibrer
l’offre entre littoral et intérieur
où l’on recense seulement 5 % des
lits d’hôtellerie. On s’inspirera de
l’exemple des Parador espagnols pour
utiliser le patrimoine bâti remarquable
lui donnant une valeur économique
qui permettra sa protection. Les
secteurs nature, tourisme à la ferme,
activités sportives, le nautisme sont à
encourager. Ce dernier en forte croissance
en Méditerranée, créateur
d’emplois (entretien, hivernage, location…)
demande encore plus d’ambition
pour dépasser les 20 000
anneaux dont la Corse pourrait bénéficier
(25 000 en Languedoc). Pour ce
qui concerne l’hôtellerie haut de
gamme (4 étoiles et plus), il faut tout
d’abord s’appuyer sur l’existant, le
développer si nécessaire en s’aidant
de l’expertise des exploitants actuels.
Il faudra également réaliser en certains
lieux parfaitement délimités et
répartis sur le territoire de véritables
zones d’activité touristique sur lesquelles
seront construits des complexes
hôteliers de grand luxe avec
golf, casino, tout ceci dans la plus
parfaite transparence, grâce à un
indispensable code des investissements.
En matière d’infrastructures
d’accueil, rien ne doit être exclu à
priori, tous les types de visiteurs doivent
y accéder dans le respect de
leurs souhaits, sans discrimination
par l’argent, car l’étudiant pauvre
d’aujourd’hui sera peut être un PDG
dans 10 ans.
Le para-commercialisme : sur la
masse de visiteurs venant en Corse
chaque année, soit près de 2,5 millions
actuellement, seuls 50 % fréquentent
le secteur hôtelier marchand.
On peut certes estimer à
500 000 le nombre de Corses revenant
chez eux ou des parents. Malgré
cela, près d’un million de visiteurs
annuels ne se retrouveraient pas
parmi la clientèle hôtelière. C’est un
chiffre considérable, pour autant ces
personnes ne dorment pas toutes à la
belle étoile, dans leur camping-car
garé au bord d’une route, ou bien
dans leur bateau mouillé dans une crique.
La part du secteur hôtelier dissimulé
est donc très importante. Il peut
s’agir d’appartements sous-loués, de
chambres ou gîtes dans des résidences
occupées, mais aussi de résidences
secondaires, luxueuses villas
louées pour certaines 15 000 € par
mois. Si l’on peut admettre qu’un
Corse cherche à accroître ses revenus
en louant son rez-de-villa on ne peut
tolérer des locations estivales dont les
bénéfices ne profitent pas à la Corse,
car dépensés ou investis ailleurs. Il
est temps non seulement de mettre un
terme aux constructions de résidences
secondaires par l’application de la loi
sur l’acquisition foncière, mais également
de mettre de l’ordre dans ce
secteur économique dissimulé, facteur
d’évasion de recettes, concurrence
déloyale pour des hôteliers qui
eux font travailler la Corse et les
Corses.
• L’emploi et la formation professionnelle.
Aujourd’hui le tourisme génère
directement environ 4 000 emplois
(ETPA). L’allongement à huit mois
de la période d’activité permettrait
de porter le temps annuel de travail
à 1 200 voire 1 600 heures. Si l’on
attelle à cet emploi une période de
formation professionnelle de 3 mois
on obtient des emplois avec une
réelle perspective de professionnalisation
et d‘évolution de carrière.
Ces emplois deviendront alors véritablement
attractifs pour notre jeunesse.
Quant aux employeurs, ils
pourront fidéliser leurs salariés, et ne seront plus contraints d’embaucher
des saisonniers avec tous les
inconvénients que cela comporte.
De plus, ces emplois qui actuellement
ne durent que deux ou trois
mois le plus souvent sont non
déclarés dans 20 % des cas. Les
horaires y dépassent souvent 48
heures hebdomadaires sans repos.
Ceci tire encore vers le bas un secteur
peu attractif financièrement et
socialement. Il n’est pas irréaliste
de créer 8 000 voire 12 000 emplois
ETPA avec une saison étalée sur
huit mois. Le développement de la
clientèle provoqué par l’étalement
de la saison et sa diversification,
son retour vers le secteur hôtelier
marchand rendent envisageable
l’objectif des 20 000 emplois
directs. L’augmentation du nombre
de visiteurs, on peut envisager six
millions, bien répartis dans le temps
et l’espace ne modifiera pas le ratio
touriste/habitant instantané. La
Corse aura alors un marché intérieur
de 780.000 consommateurs en
moyenne annuelle contre 490 000
actuellement. Ceci tirera fortement
vers le haut les activités de production
(agriculture, élevage, pêche,
BTP, artisanat) les activités commerciales
et les services sans apport
de population par migration. 20 %
des emplois sur 100 000 actifs redevenant
productifs sont de nature à
modifier radicalement le rapport de
force avec l’Etat français qui
emploie avec ses relais locaux 35 %
des actifs, et fournir un emploi
auprès de 10 000 chômeurs et 8 000
Rmistes.
Des mesures immédiates à
prendre
• Mise en oeuvre d’une nouvelle
politique des transports, développement
pan-européen de la compagnie
aérienne corse, ouverture de lignes
maritimes nouvelles.
• Gel de la construction des résidences
secondaires et mise en place
de la loi sur l’accession à la propriété
foncière.
• Politique de remise à niveau de
l’hôtellerie au sens large avec prêts
aidés et garantis en contrepartie du
respect d’une charte qualité.
• Retour à la collectivité corse des
terres détenues par de grands groupes
financiers.
• Création de zones d’activité touristique
réparties sur le territoire,
parfaitement délimitées sans amputer
les terres agricoles où les investisseurs
pourront créer de nouvelles
structures orientées vers la clientèle
haut de gamme. Ceci va de pair
avec l’élaboration d’un code des
investissements et un zonage territorial
réservant les plaines littorales
à l’agriculture, consacrant l’inconstructibilité
des espaces remarquables
et de la bande littorale.
• Création d’un statut de
poly-actif rural pour fixer
des familles dans les zones
dépeuplées en leur permettant
de vivre de leur travail
grâce à des mesures fiscales
et sociales adaptées.
• Lutte contre le secteur
économique dissimulé.
• Politique d’aide et de
soutien des pouvoirs
publics corses préservant
la libre entreprise et l’initiative
économique. Appel
à l’épargne par des
emprunts convertibles en
obligations. Mise en place
d’un plan de développement
pour atteindre les
objectifs en dix ans.
• Le financement de ces politiques
est attendu de la hausse importante
des recettes fiscales.
• Mise à niveau des voies de communication
internes, des ports et
aéroports principaux dans l’optique
des six millions de visiteurs
annuels.
Aujourd’hui
Le tourisme est aujourd’hui une
véritable industrie mondiale dans
laquelle la Corse a des atouts formidables,
son climat, ses richesses
naturelles préservées, sa situation
au coeur de l’Europe. Nous ne
devons plus craindre le tourisme et
son avatar le tout-tourisme de
masse. La maîtrise de nos politiques
de développement économique, la
maîtrise de l’aménagement du territoire
doivent nous permettre d’éviter
cet écueil et de faire du tourisme
une industrie source de revenus et
d’emplois, au service du peuple
corse.
Nous, indépendantistes corses,
devons être persuadés que cet instrument
économique sera celui de la
libération, de l’émancipation, de la
fierté retrouvée des hommes et des
femmes de ce pays dans l’édification
commune de leur Patrie.
Ghjuvan Lavighju Borlu