CORSICA NAZIONE INDIPENDENTE a
tenu une importante conférence de
presse, quelques jours avant le 1er
tour de l’élection présidentielle
française, pour rappeler, d’une
part, la dimension politique du problème
corse, toujours non résolu depuis 30 ans, et,
d’autre part, pour dénoncer le fait que le PS
comme l’UMP n’ont pour l’heure aucune proposition
concrète pour sortir la Corse de l’impasse
et de la crise. En effet, Nicolas Sarkozy
reste enfermer dans une vision répressive
alors que Ségolène Royal à une marge de
manoeuvre difficile au côté des réactionnaires
et conservateurs jacobins que sont Jean-
Pierre Chevènement à Paris et Emile
Zuccarelli à Bastia. En conséquence, le
Mouvement a appelé à une non participation
des Corses à se scrutin, pour marquer leur
refus de la situation actuelle, et marquer un
geste de résistance.
De fait, Corsica Nazione Indipendente considère les élections
françaises comme une « conjoncture politique au
regard des impératifs inhérents à la lutte du peuple corse
et, parmis ceux-ci, celui reposant sur la reconnaisse en
droit de ce même peuple. L’analyse des précédentes
élections met en évidence que le sujet politique de la
Corse alterne, au gré des changements de présidence et
de leurs orientations politiques. Aucune vision pérenne
n’est venue à ce jour consacrer l’avenir de l’île et de son
développement ».
Selon le Mouvement, « la Corse, depuis de nombreuses
années, oscille entre répression outrancière, arbitraire
voire parfois sanguinaire, et timide modification institutionnelle,
le tout n’engageant pas encore le territoire
insulaire vers une véritable politique de réacquisition de
des droits antérieurement conquis et confisqués par la
France, en l’occurrence, celui de disposer librement, en
tant que peuple, de son devenir ».
Par ailleurs, il n’y a dans l’immédiat aucune perspectives
de changement. La Droite comme la Gauche ont un positionnement
timide, frileux voire fermé dans la mesure ou
« la Droite française, tendance UMP, a toujours récusé
la proposition d’une solution politique, utilisant la
manière forte, brutale, ainsi que les divers appareils de
répression judiciaire et policière pour tenter de neutraliser
le Mouvement patriotique. Les dernières gesticulations
provocatrices de l’ex ministre français de l’intérieur
et la venue récente à Porti Vechju du sinistre Alain
Juppé sont là pour le rappeler. La Gauche française, tendance
PS majoritairement, empêtrée dans nombre de
contractions philosophiques et politiques, hésite entre
ébauche de dialogue à portée politique limitée et pression
répressive identique à celle utilisée par la Droite.
Les courants majoritaires de la Droite et de la Gauche
françaises refusent toujours le dimension du problème
posé et la réalité d'une réelle avancée politique telle
qu’elle est proposée par le Mouvement Patriotique ».
En conséquence, « la Corse n’a jamais été actée politiquement
par l’Etat français, au-delà de ses gouvernements
de circonstance septennale. Les indépendantistes
corses n’attendent rien – en l’état actuel de la situation
– de ces élections ».
Corsica Nazione Indipendente à toutefois pris acte, au
cours de cette campagne, du positionnement de certains
candidats, comme Besancenot, Bové, Schivardi qui ont «
démontré qu’en France, des formations politiques reconnaissent
de fait le principe de peuple nié et bafoué et
son droit à s’autodéterminer », ou bien reconnu, à
l’image des Verts et de Dominique Voynet « le principe
de l’autonomie dans le cadre d’une Europe des peuples
».
Par conséquent, « ces visions politiques tranchent de
fait avec cet état d’esprit ultra centralisateur, qui, au
nom d’un prétexte citoyen supposé égalitaire, nie les
communautés historiques conquises et dépossédées par
la France, leur culture, leur langue et leur choix d’un
développement économique spécifique ».
Et de souhaiter que ces contradictions dans le paysage
politique français, de candidats qui souhaitent évoluer,
proposer et agir en dehors des courants majoritaires du
système, peuvent « supposer pour demain de possibles
convergences relationnelles pour populariser en France,
et ailleurs, la réalité de cette terre méditerranéenne
niée dans ses droits ».
Battì Lucciardi