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Articulu di u numaru 34, Lugliu di u 2008


Versu l’unione



Le 6 juillet, près de 300 militants de la Lutte de Libération Nationale, inorganisés ou issus de Corsica Nazione Indipendente, du Rinnovu, de Fronte Pupulare, se sont rassemblés à l’Université de Corti. Il s’agissait de jeter les bases de la refondation, tant attendue par la base militante, du courant indépendantiste et révolutionnaire. Une réunion riche en débats et porteuse d’avenir.

Après plusieurs réunions préparatoires et une volonté d’action commune en 5 points actée le 28 mai dernier (Promotion des droits historiques du peuple corse, protection et développement du patrimoine, respect de la justice sociale, respect des équilibres écologiques, solidarité aux prisonniers politiques et à toutes les formes de lutte) cette réunion avait pour objectif de créer les premières conditions, à terme, d’une union stratégique entre les différents courants indépendantistes se reconnaissant dans le concept de LLN. Une démarche novatrice, et porteuse d’espoir, afin de sortir le peuple corse de la situation de crise accélérée dans laquelle il se trouve depuis plusieurs années. Il s’agit en effet de réorganiser la lutte, d’unir les forces de chacun dans le cadre d’un espace convergent, afin de répondre aux attaques de l’Etat Français et permettre de trouver les voies et moyens d’une véritable solution politique au problème corse. Mené notamment par de jeunes militants de la Ghjuventù Indipendentista et de la Ghjuventù Paolina, le débat a été fructueux avec une large participation des personnes présentes.

Ainsi, on notamment pu noter les interventions de Pierre Poggioli qui a rappelé le rôle joué par la LLN depuis 30 ans dans la vie politique corse et pour qui encore aujourd’hui « senza a LLN, a Corsica ùn pò micca esse salvata » et d’ajouter par la suite « que nous devons aller vers un seul mouvement, pas une union. Il faut être capable de se battre contre les injustices, de dire aux patrons corses qu’ils doivent embaucher des Corses etc, etc… ».

Pour Paul-Félix Benedetti, qui a évoqué l’historique du mouvement, la refondation passe également par « la création d’un mouvement nationaliste indépendantiste unique, mais pluriel et à tendances, par la mise en commun de nos forces et nos compétences ». C’est ensuite François Sargentini qui a pris la parole pour signaler « que le mouvement national a atteint ses limites dans sa constitution actuelle car depuis 1992 l’Etat est en passe de le contenir. Il faut une véritable refondation pour pouvoir donner aux Corses un message clair. Il ne faut plus due les gens puissent se poser des questions sur le projet que nous allons leur présenter ». La véritable refondation du mouvement passe aussi par le pragmatisme et la possibilité « de créer des convergences avec toutes forces progressistes afin de sortir de l’ornière et de la politique des clans ».

En ce qui concerne Paul Quastana, la refondation c’est la nécessité d’être audible auprès du peuple, de parler de ses problèmes quotidiens et d’apporter des solutions au « problème de la vie chère, du coût de l’essence, de la spéculation immobilière, de l’immigration… ». De son côté, Jean-Marie Poli a insisté sur le fait que l’intérêt général doit dépasser « les rancoeurs entre nous et les erreurs commises.

Parlons franc, disons nous ce que nous devons dire aux Corses car la Corse n’a plus le temps ». Il a également ajouté « que de nombreuses personnes n’ont pu se déplacer mais qu’elles étaient attentives aux débats et qu’elles attendaient la suite avec intérêt ». Enfin, en tant que responsable du CAR, il a évoqué la situation des prisonniers et souhaité qu’un séminaire « sur la question de la défense commune » entre diverses organisations soit organisé. Jean-Guy Talamoni a quant à lui salué « une situation historique car cela faisait près de 20 ans que le militants de la LLN n’étaient pas réunis dans une même salle. Le mouvement national reste l’alternative au système et les Corses doivent en avoir conscience, eux qui sont les premiers à être chassés de leur village par des gens fortunés ». Atravers ces débats, l’objectif est bien une refonte du Mouvement National, qui se veut épurée des erreurs du passé, et une volonté de renforcer le pôle indépendantiste par un pragmatisme révolutionnaire auprès du peuple : sortir du slogan et proposer un véritable projet de société qui sera à même de tracer la voie de l’émancipation nationale vers une souveraineté pleine et entière par étapes. La tâche est ardue mais la situation politique commande une prise de conscience politique et nationale qui dépasse les chapelles des uns et des autres. Au-delà d’une simple union stratégique il s’agit de créer, d’une part, les conditions d’un véritable contrat de confiance entre militants et, d’autre part, de se mettre en place un outil performant au seul service des intérêts collectifs du peuple corse. Le concept de LLN est loin d’avoir vécu. Au contraire, il s’adapte aux réalités des années 2000 et se renforce. Le fil de la lutte n’est pas rompu. Il se prolonge et n’en déplaise à Sarkozy il démontrera que les nationalistes, qui ont, depuis des décennies, trop souvent fait le sacrifice de leur liberté ou de leur vie, sont des militants responsables et incontournables. Ils sont au centre du jeu politique et le centre de toute solution négociée.

Près de 20 ans après les premières fractures, et ses conséquences, un pas a été franchi ce 6 juillet. Les hommes et les femmes présents sont enthousiastes et beaucoup d’autres observent avec attention l’évolution de la démarche, prêts à rejoindre ce parti de la Corse. Aux nationalistes de faire preuve de maturité politique et de se donner tous les moyens pour faire face à l’urgence de la situation dans laquelle se trouve leur pays.

Battì Lucciardi

 

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