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Articulu di u numaru 24, aprile di u 2007


L’enjeu de l’unité stratégique





Il y a peu, en réponse à un représentant officiel du gouvernement français chargé de la culture, Jean Paul Poletti, tout en rappelant la richesse de la polyphonie corse, resituait surtout dans son environnement actuel la portée de cette dernière. Il affirmait en substance : « La polyphonie corse n’existera que si les Corses existent encore ». Plus récemment encore, l’organisme INSEE recadrait l’usage de la langue corse dans le monde étudiant. Au-delà de la popularisation et de l’écoute des chants et groupes culturels insulaires, seulement 4% reconnaissent employer couramment la langue… Une pierre de plus dans le jardin de ceux qui vantent l’enseignement du corse… Une communauté, une culture, une langue, qu’une lutte a certes momentanément préservé mais qui n’échappe pas pour autant aux risques d’une dilution programmée…

Le rappel du Fiumorbu


Ce risque de disparition programmée, Saveriu Luciani le cite contextuellement dans un discours prononcé il y a quelque temps dans la région de la réconciliation nationale : « Le thermomètre de l’INSEE n’aura bientôt plus suffisamment de degrés pour démontrer les méfaits du néo colonialisme. Les jeunes sont contraints de partir quand chaque année débarquent ici plus de 4000 personnes, soit plus de 10 personnes par jour… sur une terre sans projet, si ce n’est celui d’anéantir tout sentiment national. » Un risque dont le mouvement patriotique doit dévier la trajectoire et ce, au nom d’un devoir historique qu’est la résistance.


Encourager l’espoir

Et la résistance est espoir. C’est toujours Saveriu Luciani dans ce même discours qui en donne la dimension : « Face à notre propre histoire, celle d’hier qui retrouve ici celle d’aujourd’hui, notre responsabilité de nationalistes corses, c’est aujourd’hui d’encourager et d’accélérer cet espoir. » Et la résistance ne se décrète pas seulement, le temps d’une bravade récupératrice, elle se pratique, elle se construit, elle s’édifie. Elle est quotidienne, constante, et suppose que chacun à son niveau, y participe selon un objectif commun à tous : mettre un terme à la présence française en Corse.


A Francia Fora !

La portée de notre combat se résume en une phrase, un cri de rejet, qui expose au regard d’une opinion publique internationale qu’il reste encore à sensibiliser et à interpeller, la situation d’un peuple au territoire frontalier naturellement défini et qui demeure dépossédé par un état étranger, de tous ses droits au point d’être minorisé, marginalisé, voué à devenir une peuplade de conjoncture dans le cadre d’un environnement totalement voué à la dépossession et à la spéculation foncière et immobilière sous les traits d’une économie touristique dévoyée, pressée par un secteur BTP conditionnée par la démultiplication des résidences secondaires et autres nouveaux hameaux de vacances. Le tout sous le regard bienveillant de la présence militaire et policière massive et armée…


La nécessité d’une unité

Le Fiumorbu remémore, depuis la réconciliation nationale, un adage historique que nombre de vicissitudes n’ont pas pour autant éteint, à condition d’en être à la fois tenant et porteur. Plus que l’union, quelquefois de façade, souvent de circonstance, l’unité stratégique, aux antipodes d’un mouvement unique à tendances (?!?) suppose que chaque organisation et formation quelque soit sa philosophie politique, participe à une stratégie de résistance et de prise de pouvoir élaborée communément au sein d’une structure organisationnelle adéquate. Corsica Nazioni Indipendenti pour sa part, s’est toujours prononcée pour un front d’organisations, traductrice de cette unité stratégique. Cette dernière n’efface surtout pas les sensibilités - elles sont libres de s’exprimer au gré des conjonctures politiques – mais elles ne se départissent pas de la nécessité de l’action et de la réflexion commune sur les objectifs stratégiques déterminés tous ensemble. La pérennité, la capitalisation et la réussite de « forti saremu si uniti semu » sur tous les espaces de lutte et de reconstruction, y compris au sein du système en place, dépendent en grande partie de cette capacité à cette proportion d’attitude de durabilité partagée.


L’espace du Fiumorbu

Le nouvel appel du Fiumorbu, bâti sur le sacrifice d’un militant de l’Union des Combattants peut agréger la plus grande partie des formations patriotiques. Au-delà de la réaction momentanée, de la juste passion de circonstance, et aussi pour démentir toutes ces courtes vues – où qu’elles se situent – réformistes dans le fond et qui n’ont pour réelle finalité qu’un quelconque siège du système français en place, l’espace de réflexion et d’action peut laisser place à une évolution structurelle efficace. Chaque organisation, chaque patriote possède en lui la clé de cette réussite.


Au-delà d’une élection présidentielle

Cette capacité d’auto-organisation combattante et constructive est la pierre angulaire de la démonstration mature du mouvement patriotique à édifier une alternative politique que notre peuple attend, au-delà d’un résultat d’une élection présidentielle française de circonstance qui n’aura pour la Corse, quelque soit le candidat élu, et si cette alternative n’est pas édifiée et portée communément et fortement, aucune possibilité future de véritable changement.

Ulivieru Sauli

 

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