A l’appel de l’ensemble
des syndicats de travailleurs,
dont le 1er de Corse, le
STC, près de 2000 personnes
ont manifesté, le samedi
10 février, dans les rues
d’Aiacciu, Bastia et Porti
Vechju. Ces rassemblements
visaient à dénoncer les
méfaits de la « vie chère »
en Corse, et, plus largement,
les conditions sociales
inacceptables faites au
peuple corse, liées à une
montée inquiétante de la
précarité, du chômage, de
la généralisation des bas
salaires ou de la difficulté à
accéder au logement.
La réalité économique et
sociale du peuple corse est
loin d’être bonne, n’en
déplaise à l’Etat français, et
à ses valais préfectoraux et
clanistes, pour qui « la
Corse va mieux », voire
bien.
La situation n’est pas nouvelle,
mais elle s’est largement
accentuée ces dernières
années. Une large part de la
population se paupérise alors
qu’une minorité, souvent
proche de l’UMP ou du
PRG, s’engraisse, génère des
profits considérables et personnels,
au détriment de
l’intérêt collectif des Corses.
Cela est la conséquence
directe d’un non-développement
économique, recherché,
voulu et entretenu.
L’effet est de rendre la Corse
dans un état de dépendance
totale, afin d’empêcher toute
émancipation, mais en cherchant
bien sûr à créer les
conditions de sensation
d’une vie normale et de
consommation pour le
citoyen lambda ! Cela se
caractérise au quotidien,
dans une région sans économie
comme la Corse, par le
mythe d’un certain confort
que l’on pourrait trouver
comme partout ailleurs en
Europe occidentale, des
importations massives, des
aides financières, des distributions
généreuses d’aides
sociales, des pensions…en
un mot l’assistanat colonial.
Mais le peuple corse n’est
pas dupe. Il réagit avec force
contre ce processus de normalisation
qui vise à sa disparition,
et non pas pour exiger
seulement, n’en déplaise
à quelques syndicats français,
alliés en définitive au
système, qu’ici ça soit
comme « sur le continent ».
En manifestant, il montre
qu’il veut être maître de son
destin et pouvoir, comme l’a
notamment souligné Corsica
Nazione Indipendente dans
un communiqué, « vivre et
se loger dignement grâce au
fruit de son travail » en luttant
« contre la spéculation
immobilière qui entraîne une
flambée des prix telle que le
simple fait de se loger
devient de plus en plus inaccessible,
contre la spéculation
alimentaire (…) contre
la précarisation généralisée
» Le peuple corse n’est pas,
et ne sera jamais, un étranger
sur sa propre terre, sans
avenir et condamné à la
misère ou l’aliénation.
Rompre avec l’exploitation
est de son devoir, et les
concepts étroitement liés de
libération nationale et de
libération sociale, défendus
depuis toujours par le
Mouvement National, sont
des fondements de résistance
qui lui permettront demain
de retrouver des chemins
d’avenir, d’espérance et de
liberté.
Battì Lucciardi