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Articulu di u numaru 23, marzu di u 2007


Contre la vie chère





A l’appel de l’ensemble des syndicats de travailleurs, dont le 1er de Corse, le STC, près de 2000 personnes ont manifesté, le samedi 10 février, dans les rues d’Aiacciu, Bastia et Porti Vechju. Ces rassemblements visaient à dénoncer les méfaits de la « vie chère » en Corse, et, plus largement, les conditions sociales inacceptables faites au peuple corse, liées à une montée inquiétante de la précarité, du chômage, de la généralisation des bas salaires ou de la difficulté à accéder au logement.

La réalité économique et sociale du peuple corse est loin d’être bonne, n’en déplaise à l’Etat français, et à ses valais préfectoraux et clanistes, pour qui « la Corse va mieux », voire bien.

La situation n’est pas nouvelle, mais elle s’est largement accentuée ces dernières années. Une large part de la population se paupérise alors qu’une minorité, souvent proche de l’UMP ou du PRG, s’engraisse, génère des profits considérables et personnels, au détriment de l’intérêt collectif des Corses.

Cela est la conséquence directe d’un non-développement économique, recherché, voulu et entretenu. L’effet est de rendre la Corse dans un état de dépendance totale, afin d’empêcher toute émancipation, mais en cherchant bien sûr à créer les conditions de sensation d’une vie normale et de consommation pour le citoyen lambda ! Cela se caractérise au quotidien, dans une région sans économie comme la Corse, par le mythe d’un certain confort que l’on pourrait trouver comme partout ailleurs en Europe occidentale, des importations massives, des aides financières, des distributions généreuses d’aides sociales, des pensions…en un mot l’assistanat colonial.

Mais le peuple corse n’est pas dupe. Il réagit avec force contre ce processus de normalisation qui vise à sa disparition, et non pas pour exiger seulement, n’en déplaise à quelques syndicats français, alliés en définitive au système, qu’ici ça soit comme « sur le continent ».

En manifestant, il montre qu’il veut être maître de son destin et pouvoir, comme l’a notamment souligné Corsica Nazione Indipendente dans un communiqué, « vivre et se loger dignement grâce au fruit de son travail » en luttant « contre la spéculation immobilière qui entraîne une flambée des prix telle que le simple fait de se loger devient de plus en plus inaccessible, contre la spéculation alimentaire (…) contre la précarisation généralisée » Le peuple corse n’est pas, et ne sera jamais, un étranger sur sa propre terre, sans avenir et condamné à la misère ou l’aliénation.

Rompre avec l’exploitation est de son devoir, et les concepts étroitement liés de libération nationale et de libération sociale, défendus depuis toujours par le Mouvement National, sont des fondements de résistance qui lui permettront demain de retrouver des chemins d’avenir, d’espérance et de liberté.

Battì Lucciardi

 

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