On aurait pu penser, bêtement et innocemment bien entendu, que les déclarations surprises de Didier
Vinolas, témoin de la partie civile, haut fonctionnaire de son état, auraient eu l'effet d'une bombe quant à la
suite du procès en appel d'Yvan Colonna. Mais non, il n'en sera rien. Les militants politiques que nous sommes
ne sont pas là pour conforter ou applaudir les propos de Vinolas. Cela d'autant plus que les deux noms
cités « dans un cadre sécurisé » seront ceux de deux militants nationalistes, pour lesquels, de fait, de lourdes
conséquences peuvent avoir lieu.
Il s'agit pour nous de dénoncer le sort et l'arbitraire qui est fait à notre ami
et frère, Yvan Colonna. En effet, après quelques jours de suspension, pour un complément d'enquête de pure
forme, la Cour d'assise « spéciale » de Paris aura comme objectif de terminer le procès, avec pour mission
de condamner lourdement un patriote Corse.
Selon l'écrivain Daniel Pennac, « une erreur judiciaire est toujours
un chef d'oeuvre de cohérence », et la situation d'Yvan Colonna est là pour le confirmer. La cohérence,
de cette future erreur judiciaire, aura été pour la France de créer un coupable idéal. D'avoir son coupable,
pour sa vengeance, au nom de la raison d'Etat. Sans soucis et sans remords. Pour cela, on se moque du manque
de preuves matérielles à l'encontre de Colonna, on instruit uniquement à charge et l'on se permet de
dissimuler volontairement des informations de nature à l'innocenter. Seule compte, dans l'imaginaire colonial
français, la condamnation du « berger corse » qui avait « pris le maquis » durant 4 ans. Le procès Colonna
est un véritable scandale d'Etat, initié par les plus hautes autorités policières et judiciaires, pour le compte
d'un pouvoir politique solidaire, du national réactionnaire Chevènement au fascisant Sarkozy.
La pseudo
patrie des droits de l'homme montre son visage haineux, et l'on peut affirmer, lorsque le complot, le mensonge
ou la lettre de cachet sont des artifices de fonctionnement d'un Etat, qu'il n'y a nul besoin de chercher
des « barbares » ailleurs dans le monde pour y donner une quelconque leçon morale ou éthique.
En 2009,
l'opinion publique internationale a sous ses yeux, un pays d'Europe occidentale, la France, qui est une caricature
de démocratie, prête à tout pour condamner un innocent. Vergogna.
BL