Accolta

Accolta Cap'articulu Attualità Pulitica Ghjustizia Internaziunale I Prigiuneri Fiure Cultura Abbunamentu Cuntatti Ligame


Articulu di u numaru 30, Ottobre di u 2007


Zuccarelli recule en rase campagne



Le maire de Bastia, l’ex-député, Emile Zuccarelli, qui est le véritable patron du Syvadec, opère depuis quelques semaines des reculades spectaculaires sur l’incinérateur et sur le quai de transfert géant de l’Arinella.

Il s’agit très probablement de replis stratégiques sur des positions prévues à l’avance, comme disent les stratèges. A ce titre, comment ne pas faire le lien avec les élections municipales de 2008 ? Emile Zuccarelli a donc repris l’initiative.

Il n’a pas hésité à bousculer son compère François Tatti pour piétiner sur ses platebandes. Si quelques uns ignoraient encore qui conduisait la politique funeste du Syvadec, il est parfaitement clair qu’il s’agit bien de l’ex-député. Pour autant, peut-on légitimement croire à la fibre verte du maire de Bastia, lui qui a reçu, en juin dernier, de la part des Verts, le diplôme du faux écolo ?


La nécessaire révision du Piedma

Ce plan élaboré et voté par l’Assemblée de Corse prévoyait le tout incinération comme seul mode de traitement des déchets ménagers et assimilés. Cette technique abandonnée par les pays européens, les USA et le Japon, est extrêmement nocive. La démonstration en a été faite.

Le corollaire du tout incinérateur était l’absence de tri réel, organisé, nécessité permettant une valorisation des matières récupérées. Il est donc indispensable de cesser les effets d’annonce pour entrer dans le concret et sceller la fin du projet incinérateur par un nouveau Piedma. Il y a une solution alternative, moins coûteuse économiquement et surtout écologiquement. Cette alternative se découpe en trois parties : réduction des déchets, collecte, élimination.


La réduction des déchets à la source

La grande distribution a montré l’exemple, tous les commerçants doivent faire l’effort, aidés par la CTC, de réduire de façon drastique les emballages plastiques et les remplacer par les sacs en papier. Il faut également favoriser, à un échelon bien évidemment dépannant la Corse, la réduction des emballages multiples souvent inutiles, une réflexion européenne et mondiale est en cours grâce à la prise de conscience citoyenne planétaire. Enfin l’apprentissage écocitoyen doit se développer à l’école, à l’université, dans tous les lieux publics par des actes répétés de sensibilisation, au tri et à la nécessaire distribution de produits de consommation qui ne respectent pas l’environnement. Il faudra probablement étendre le rythme d’éco-taxe et reverser son produit a la Corse qui pourra l’utiliser dans un budget « déchets » fatalement amené à augmenter.


La collecte et le tri

L’objectif doit être ambitieux, il faut obtenir une réduction du tonnage de déchets à éliminer de 50 à 60%. Le tri se fait en deux phases : le tri domestique et le tri industriel. A la maison il faut généraliser les poubelles différenciées, fournir des composteurs pour chaque maison individuelle et organiser des collectes spécialisées pour ne plus jeter dans la même benne. Cela doit se faire par sens civique mais également en étudiant des systèmes de réduction de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Le tri industriel fait appel aux usines de tri mécano-biologiques. Dans ces unités ; les déchets arrivent en vrac et sont répartis en métaux, plastiques, verre, papiers et fermentescibles. Ces unités sont parfaitement au point, fonctionnent très bien en Catalogne par exemple.


La territorialisation

Il faut dans chaque micro-région une déchetterie qui accueillera les déchets industriels, les piles, les pneus, les batteries, les huiles… Tous ces déchets font déjà l’objet de systèmes de collecte et de récupération. Ces déchetteries doivent être gratuites et facilement accessibles. Ce réseau de déchetteries doit s’articuler autour des quais de transfert situés le long de la voie ferrée ou des routes principales. Pour l’implantation des usines de tri il faut en prévoir deux pour commencer : l’une dans la région d’Aiacciu et l’autre dans le grand Bastia.

Par la suite on pourra en construire une en Balagna et une à Porti-vecchju. La CAPA a déjà pris ce chemin, Bastia et la CAB pas encore malgré les propositions de Mr Zuccarelli. Pour le cas de Bastia qui devrait prendre exemple sur la CAPA, on se dirige vers rien, c’est à dire que l’on a aucun projet de rechange à l’incinérateur et au méga quai de transfert de l’Arinella.

Ceci démontre bien que ce projet qui est finalisé, pour lequel toutes les autorisations de l’Etat ont été obtenues, malgré de nombreuses irrégularités constatées, n’est certainement pas abandonné mais recouvert d’un voile pudique en attendant fin mars 2008. La création d’une usine de tri dans la plaine de la Marana, au voisinage de la route et de la voie ferrée, permettrait le traitement de toute la région nord est mais également de Balagna, Centru Corsica, Castagniccia et Fium’Orbu. Cela permettrait la création d’une vingtaine d’emplois, les matières récupérées exportées vers le continent Européen permettraient d’équilibrer le budget de cette usine.


Le traitement des déchets ultimes

Ceux-ci seront après un tri très fourni de l’ordre de 80 a 100000t/an. En l’absence aujourd’hui d’une méthode de traitement alliant les trois qualités, innocuité pour la santé publique, absence de production de sous résidus toxiques persistants et acceptation de tous types de déchets, y compris les déchets contaminés produits par les activités de soins, l’enfouissement en décharge contrôlée s’impose comme le seul moyen de stockage des ultimes.

Il faudra donc en plus du site de Tallone et de celui prévu par la CAPA trouver un ou deux sites supplémentaires capables d’absorber pendant au moins quinze ans les déchets ultimes. D’ici là il est probable que la technique alliant les trois qualités requises aura été mise au point.

L’assemblée de Corse doit aujourd’hui se saisir de nouveau de ce problème crucial, elle doit réviser complètement le Piedma, affirmer les nouvelles orientations en accord avec les principes de développement durable et mettre fin à l’existence du Syvadec qui ne sert à rien sauf a gaspiller l’argent du contribuable corse. Il est temps que Tatti et Zuccarelli comprennent que la voie qu’ils préconisent est sans issue et que leur politique rétrograde mène la Corse à la ruine.

CLEMENT FILIPPI

 

Sur le même thème

© U Ribombu Internaziunale — 2007