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Articulu di u numaru 27, lugliu di u 2007


In Bastia dinò soffia u ventu di a storia



Après 27 ans de présence à l'Assemblée Nationale française, Emile Zuccarelli a perdu le 17 juin dernier son mandat de député dans la 1ere circonscription de la Haute-Corse, face à son concurrent Sauveur Gandolfi- Scheit. Cette défaite résonne comme un séisme et marque un tournant dans la vie politique insulaire. Elle témoigne aussi d'une lézarde importante dans la citadelle des Zuccarelli, au pouvoir depuis 1968 à Bastia, et, peut-être, du début de la fin pour une dynastie politique et familiale qui a débuté avec Auguste Gaudin au XIXe siècle.

Mais ce résultat témoigne avant tout d'un rejet total d'Emile Zuccarelli et de son système claniste et clientéliste qui a mis, d'une part, en coupe réglée, pour de piètres intérêts personnels, la ville de Bastia, et, d'autre part, amené notre pays à la ruine. En effet, Emile Zucacrelli est le tenant de pratiques archaïques qui bafouent la démocratie, mettent en doute la sincérité, la justesse, des consultations électorales et contribuent souvent à l'exploitation des hommes, notamment dans les quartiers sud de Lupinu et Montesoru. C'est aussi, depuis de nombreuses années, celui qui a adopté la posture de l'anti nationaliste primaire, qui refuse, par une attitude conservatrice et réactionnaire, la moindre évolution pour la Corse. Il incarne le parti de l'anti-corse et est le principal leader de l'intérêt colonial français sur l'île. C'est aussi un homme qui appelle régulièrement, avec force, à la répression contre le Mouvement National et souhaite que de jeunes corses se retrouvent derrière les barreaux des prisons pour avoir voulu défendre les intérêtscollectifs du peuple corse…D'ailleurs, en cet instant, on songe à nos amis Gérard Cianelli et Hervé Santelli, incarcérés depuis 5 ans, et pour lesquels on souhaite une libération rapide.

Pour cela il devait être battu. Et cela a été le cas, malgré les rumeurs distillées, ici et là, notamment par le directeur de cabinet de Zuccarelli, Daniel Guérin, qui affirmait que les nationalistes allaient en définitive voter pour le PRG car " les militants bastiais ont un fond à gauche ". Mais la réalité n'était pas là et la situation demandait de dépasser les à priori ou les sensibilités de principe.

C'est pourquoi le peuple s'est mobilisé et sa défaite est notamment liée aux différents appels des nationaux, d'Unione pè una soluzione pulitica à la section Bastia de Corsica Nazione Indipendente. Cette dernière, a dans un communiqué, notamment pris acte de la situation du 1er tour et appelé à battre Emile Zuccarelli. Devant cet impératif, toutes autres considérations devaient s'effacer.

Il s'agissait avant tout d'éliminer Emile Zuccarelli et certainement pas de voter en faveur de l'UMP, dont chacun connaît la politique néfaste ultra libérale et de répression qu'elle mène actuellement en Corse. Au-delà des commentaires des uns et des autres, nationalistes ou pas, une telle démarche est cohérente. Elle est notamment dans la continuité des prises de positions du Mouvement pour écarter d'une municipalité d'autres anti-nationalistes, comme Jean-Claude Bonnacorsi à San Niculau en 1998, Dominique Bucchini à Sartè en 2001 ou, plus récemment, pour empêcher Ange Santini, après ses appels à la répression, d'être sénateur en 2005. De plus, le positionnement de CNI Bastia est dans la continuité de celui d'Unione Naziunale à l'Assemblée de Corse lorsqu'il avait déjà fallu s'opposer, en 2004, à Zuccarelli pour qu'il n'obtienne pas la présidence de la CTC. Enfin, il est en conformité avec la déclaration d'Unione pè una soluzione pulitica qui, quelques jours avant le 2e tour, a appelé à faire explicitement barrage à Zuccarelli. A ce titre, il est dommage que quelques responsables bastiais aient préféré se réfugier dans l'abstention plutôt que de suivre les consignes de la démarche pour laquelle ils ont été investit aux élections…

Et puis, d'une manière générale, de telles pratiques ne sont d'ailleurs pas étrangères en France même, puisqu'en 2002 une mobilisation Gauche-Droite a permis d'écarter le FN et Le Pen lors du 2e tour de la présidentielle. Alors Emile Zuccarelli à Bastia… !

Ainsi, les nationalistes ont largement contribué à l'élan populaire en participant à cet attentat démocratique et public contre le national réactionnaire français Emile Zuccarelli. D'ailleurs, quelques minutes après les résultats, transpirant, haletant et la mine déconfite, il s'en prenait aux nationalistes avec véhémence, car il avait parfaitement compris quelle était l'origine de sa défaite. Il a cherché, maladroitement, à mettre en accusation le Mouvement en se faisant passer pour une victime des nationalistes, oubliant au passage sa victoire inespérée en 1993 face à Baggioni ou sa volonté, en 1995, de mettre en place une liste large de gestion municipale….Mais bon, le passé est le passé. Place au présent donc, et à sa défaite en l'occurrence.

Avec 46% des suffrages, Emile Zuccarelli à pris un sévère coup de bâton sur la tête et gageons que celui-ci soit le premier d'une série qui permettra demain de mettre un terme définitif à son pouvoir. Bastia et la Corse en ont assez de ce règne dynastique et souhaitent plutôt une véritable solution politique, porteuse d'avenir, de développement et de paix, que l'éclosion d'un futur Jean II. Par ailleurs, on peut souhaiter que sa défaite sera de nature, au sein du PRG, à favoriser le retour d'une sensibilité progressiste, muselée depuis le référendum de 2003.

Ce dimanche 17 juin, les nationalistes ont donc pris toutes leurs responsabilités et démontré qu'ils étaient encore incontournables et bien présents au centre de l'échiquier politique. Les bons scores obtenus au 1er tour des législatives sont également là pour le rappeler et cela doit être reçu cinq sur cinq à Paris.

Battì Lucciardi


Zuccarellate :

- Emile Zuccarelli, le soir du premier tour des élections législatives :

" Les abstentionnistes, nous irons les chercher dans leur trou ! "
Dans leur trou à rat, sans doute… En tout cas, cela montre la considération de Monsieur Zuccarelli pour les citoyens bastiais, abstentionnistes ou pas !

- Le même Emile Zuccarelli, le soir du second tour :

" Si j'ai perdu, c'est à cause de mes adversaires ! "
Ah bon ? Sans blague ? Ils ne vous ont pas aidé, vos adversaires ? Les salauds !


- Madame Zuccarelli, le soir du second tour dans les locaux de RCFM, entendant se rapprocher les klaxons du convoi de Sauveur Gandolfi-Scheit :

" Viens Emile, nous n'avons plus rien à faire dans ce pays ! "
C'est vrai, çà ! À quoi bon rester dans une ville où l'on n'est même pas député ? À propos, la Corse c'est bien un pays ? Intéressant…

La suite au prochain numéro !

 

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